Oz Perkins, réalisateur de Longlegs, explique pourquoi il évitera la série Ed Gein de Ryan Murphy sur Netflix

Image d'illustration. Monster The Ed Gein StoryNetflix / PR-ADN
Le réalisateur de Longlegs, Oz Perkins, a récemment expliqué pourquoi il ne prévoit pas de regarder la série Netflix consacrée à Ed Gein, produite par Ryan Murphy. Ses réserves soulignent les divergences d’approche autour de ce personnage controversé.
Tl;dr
- Le true crime fascine mais dérange par sa violence.
- Oz Perkins critique la banalisation de la souffrance réelle.
- La série « Monster » accentue le débat sur l’éthique du genre.
La fascination pour le true crime : entre art et malaise
Impossible d’ignorer la place envahissante qu’occupe aujourd’hui le genre true crime. Si la violence extrême y est centrale, c’est aussi cette étrangeté qui attire irrésistiblement lecteurs et spectateurs. Comment expliquer que l’on s’intéresse, presque obsessionnellement, à des figures comme John Wayne Gacy, Ted Bundy ou encore Richard Speck ? Parfois, il s’agit de comprendre l’incompréhensible, de percer ce qui a mené certains à sombrer dans l’horreur.
Dans ce contexte, certains films marquent durablement les esprits. Des œuvres telles que « Henry: Portrait of a Serial Killer » de John McNaughton ou « Peeping Tom » de Michael Powell plongent dans les abîmes psychologiques sans chercher à glorifier l’atrocité. Elles questionnent plus largement la capacité d’une société à façonner, voire briser, ses propres membres.
L’ombre d’Ed Gein et la mécanique du sensationnalisme
Cependant, tous n’abordent pas ces récits avec la même rigueur. La série « Monster: The Ed Gein Story », orchestrée par le très médiatique Ryan Murphy, illustre une tendance grandissante au sensationnalisme. Le programme ne se limite pas aux crimes d’Ed Gein; il s’aventure également dans son empreinte culturelle, évoquant notamment le tournage de « Psycho » et l’interprétation iconique d’Anthony Perkins. Mais cette mise en scène exacerbée interroge sur la frontière entre analyse et exploitation.
Oz Perkins : une parole dissonante face à Netflix et au divertissement de la souffrance réelle
Interrogé récemment par TMZ, le réalisateur et fils d’Anthony Perkins, Oz Perkins, ne cache pas son malaise : il refuse catégoriquement de visionner la série qui met en scène son père tout en explorant sa vie intime. Selon lui, transformer des drames humains authentiques en contenu « glamour » revient à vider ces histoires de leur sens profond. Il s’inquiète ouvertement de cette « Netflix-isation de la vraie douleur », expliquant que l’on risque d’oublier le contexte réel au profit d’un spectacle déconnecté.
Selon ses mots : « L’art devrait nous pousser à regarder derrière le voile et à nous aimer autrement grâce à des créations nouvelles. » D’ailleurs, il préfère s’aventurer du côté de la fiction pure – comme avec son prochain film surnaturel « Keeper », où il explore l’étrangeté sans capitaliser sur des tragédies vécues.
L’éthique du true crime : question ouverte pour les spectateurs
Faut-il continuer à consommer sans réserve ces récits issus du true crime ? Au fond, chacun devra se positionner face à une production où s’entremêlent fascination morbide et responsabilité éthique. Un équilibre toujours fragile entre curiosité collective et respect dû aux victimes.
