Le célèbre auteur de science-fiction Harlan Ellison n’a jamais mâché ses mots sur Star Wars

Image d'illustration. Star WarsADN
L’écrivain de science-fiction Harlan Ellison, figure majeure du genre, s’est toujours montré très critique à l’égard de la saga Star Wars. Connu pour son franc-parler, il n’a jamais hésité à exprimer son désaccord avec cet univers culte.
Tl;dr
- Harlan Ellison juge « Star Wars » superficiel.
- Il critique l’absence de réflexion et d’humanité.
- Ellison préfère une science-fiction plus ambitieuse.
Une vision tranchée sur « Star Wars »
Au panthéon des écrivains de science-fiction, rares sont ceux qui affichent autant de verve et de véhémence que Harlan Ellison. S’il a construit sa légende sur ses récits acérés, son aversion pour les dérives hollywoodiennes n’est plus à démontrer. L’auteur de renom n’a jamais dissimulé son mépris pour le film culte de George Lucas, allant jusqu’à consacrer un essai entier dans son recueil « Harlan Ellison’s Watching », publié en 1989, à ce qu’il considérait comme les travers majeurs de « Star Wars ».
Un genre galvaudé selon Ellison
Pour Ellison, la grande faute du space opera réside dans sa superficialité. Il s’insurge contre l’idée que la science-fiction serve uniquement de prétexte à des aventures manichéennes, sans la moindre ambition intellectuelle ou philosophique. Selon lui, « c’est du pain et des jeux : le cœur humain n’est jamais touché, les vies non examinées, les personnages sont des stéréotypes tout droit sortis des bandes dessinées ». Loin d’être impressionné par les prouesses techniques du film, il y voit surtout une absence criante de complexité et de réflexion.
L’attachement aux fondements du genre
Cette critique ne se limite pas au célèbre blockbuster : Ellison déplore également que la plupart des productions hollywoodiennes confondent science-fiction et simple western futuriste. À ses yeux, la véritable force du genre réside dans sa capacité à interroger la condition humaine face au progrès ou à l’inconnu : « Sci-fi est un genre du “et si ?” qui explore les grandes idées conceptuelles ». Aussi recommande-t-il plutôt des films comme « Charly » ou encore « 1984 », œuvres qui n’hésitent pas à placer l’humain au centre du récit — sans oublier d’évoquer avec malice l’adaptation cinématographique d’un de ses propres textes, « A Boy and His Dog ».
L’illusion des effets spéciaux et le consensus ambiant
Les blockbusters dopés aux effets visuels, à l’instar de « 2001 : L’Odyssée de l’espace », ne trouvent pas davantage grâce à ses yeux. Il regrette que même parmi les scientifiques – et jusque chez ses amis écrivains comme Ben Bova – personne ne semble vouloir remettre en cause cette glorification unanime du divertissement pur. Pour lui, enlever les images spectaculaires et le jargon technique révèle simplement une intrigue plate, peuplée de personnages fades et d’un dialogue insipide.
Ainsi s’exprime une voix discordante dans un univers où la passion pour la saga galactique semble rarement questionnée. Si certains jugeront ces critiques sévères – voire acerbes –, elles soulignent aussi une exigence d’ambition narrative que beaucoup aujourd’hui regrettent parfois d’avoir perdue.
