Il y a 31 ans, une saga SF culte débutait brillamment avant une fin décevante

Image d'illustration. SlidersFox / PR-ADN
Il y a 31 ans débutait une série de science-fiction qui allait marquer durablement le genre grâce à une idée de départ brillante. Pourtant, après plusieurs saisons saluées, sa conclusion a laissé de nombreux fans sur leur faim.
Tl;dr
- Sliders : succès puis bouleversements et déceptions en 5 saisons.
- Changements imposés par les chaînes, acteurs majeurs quittent la série.
- Fin frustrante, mais intérêt toujours vif pour un retour.
Un concept audacieux pour une décennie d’or
C’était il y a déjà 31 ans : le 22 mars 1995, les téléspectateurs découvraient Sliders, une série qui allait marquer de son empreinte les années 1990, décennie faste pour la science-fiction télévisuelle. À l’époque, le genre foisonnait : entre trois déclinaisons de Star Trek, l’arrivée de Babylon 5, Stargate SG-1, ou encore le phénomène The X-Files, difficile d’imaginer plus stimulant pour les amateurs de mondes parallèles et de scénarios spéculatifs. Pourtant, avec ses sauts d’univers et ses personnages attachants, Sliders parvint à tirer son épingle du jeu.
L’exploration des mondes parallèles : la recette Sliders
Dès le pilote, le spectateur embarque dans un sous-sol de San Francisco où Quinn Mallory (incarné par Jerry O’Connell) croit inventer l’antigravité mais ouvre accidentellement un passage vers des mondes alternatifs. L’étudiant, bientôt rejoint par le professeur Maximilian Arturo (John Rhys-Davies), Wade Welles (Sabrina Lloyd) et Rembrandt Brown (Cleavant Derricks), se retrouve confronté à une succession d’univers où chaque détail change l’histoire : l’Union Soviétique règne sur le globe, la prohibition n’a jamais pris fin, voire… les dinosaures dominent encore la Terre.
Voici quelques exemples d’univers traversés :
- Une Amérique restée colonie britannique.
- Un monde où seuls les hommes fertiles sont convoités.
- Des mafias dirigeant un pays sans fin à la prohibition.
Au fil de ses cinq saisons – soit 88 épisodes –, cette mécanique offre un terrain de jeu idéal à la réflexion sur notre réalité, tout en renouvelant chaque semaine l’intrigue.
Bouleversements imposés et déceptions chez les fans
Pourtant, si le début fut prometteur, la suite se révèle moins linéaire. Dès sa diffusion initiale sur Fox, des choix éditoriaux déroutants plombent la cohérence narrative : nombre d’épisodes sont diffusés dans le désordre. La troisième saison marque un tournant décisif ; souhaitant surfer sur des blockbusters comme Jurassic Park, la chaîne oriente brutalement la série vers l’action au détriment du fond. Les conséquences ne tardent pas : départ fracassant de John Rhys-Davies, puis celui de Sabrina Lloyd, avant que Fox ne mette fin à l’aventure. Reprise par Sci-Fi Channel, la série perd aussi son acteur principal, remplacé par Robert Floyd via une astuce scénaristique peu convaincante.
Le dernier épisode laisse ainsi les fans avec une frustration durable : aucun retour des héros chez eux n’est montré, aucune réponse n’est offerte.
L’héritage intact d’une série culte ?
Si la conclusion demeure amère, force est de constater que le temps a redoré l’image de Sliders. Toujours diffusée en streaming (notamment sur Peacock), elle continue de séduire un nouveau public. Les anciens membres du casting – dont O’Connell et Rhys-Davies – n’excluent pas une renaissance. Le rêve d’un retour demeure vivant… preuve que certaines histoires inachevées continuent d’habiter longtemps ceux qui les ont aimées.
