ABC a tiré un trait trop vite sur cette série de science-fiction ambitieuse et réaliste

Image d'illustration. Defying GravityABC / PR-ADN
La chaîne américaine ABC a mis fin prématurément à une série de science-fiction reconnue pour sa rigueur scientifique et ses ambitions narratives, frustrant ainsi de nombreux fans qui espéraient voir la suite de ce projet prometteur.
Tl;dr
- Série « Defying Gravity » annulée après 8 épisodes.
- Évolution de soap opéra vers science-fiction intrigante stoppée net.
- Les fans déplorent l’absence de conclusion à son mystère.
Un projet audacieux stoppé en plein vol
Il y a des séries qui marquent discrètement les mémoires, laissant derrière elles un parfum d’inachevé. « Defying Gravity », lancée par ABC en 2009, fait partie de celles-ci. Cette fiction, souvent qualifiée de « saucy formulaic melodramatic soap… in space » par The Guardian, aspirait pourtant à mêler habilement tensions humaines et exploration cosmique. Malheureusement, après seulement huit épisodes diffusés — alors que treize avaient été produits — la chaîne a choisi d’interrompre le voyage.
Une alchimie inédite : Grey’s Anatomy à bord du vaisseau Antares
Située en 2052, la série suit huit astronautes — quatre femmes, quatre hommes — envoyés pour une mission de six ans à travers le Système solaire. Dès le départ, la promesse était claire : explorer autant les mystères de l’espace que ceux du cœur humain. Le personnage central, Maddux Donner, incarné par Ron Livingston, se retrouve à jongler entre leadership technique et relations sentimentales complexes, notamment avec sa collègue Nadia Schilling. Les fameux dispositifs HALO (Hormone Activated Libido Oppressors) censés apaiser les désirs n’empêchent pas les interactions passionnées, amplifiées par le huis clos et le contexte extrême.
Pour pimenter le tout, plusieurs fils narratifs s’entremêlent : des flashbacks sur l’entraînement des astronautes, une retransmission en direct sur Terre façon télé-réalité… et surtout, une intrigue mystérieuse centrée sur un pod scellé baptisé « Beta ». Peu à peu, ce dernier semblait devoir transformer la série en véritable thriller spatial.
Quand la science-fiction s’impose… avant l’arrêt brutal
La mutation du show s’esquissait progressivement : exit la simple romance galactique ; place aux énigmes et dangers liés au contenu du pod. On apprenait que toute cette tension amoureuse servait une histoire plus vaste où la survie de l’équipage dépendrait d’éléments encore inconnus. L’ambition scénaristique était réelle : selon son créateur James Parriott, un arc narratif complet sur plusieurs saisons avait été imaginé.
Mais voilà : alors que l’intrigue prenait enfin son envol vers une authentique aventure de science-fiction, le couperet tombe. Les spectateurs se retrouvent orphelins d’une résolution pourtant prometteuse.
L’héritage fragile d’une œuvre inaboutie
Du côté des fans, la frustration domine. Beaucoup espéraient voir naître le prochain « Lost », certains se sont même tournés vers des fanfictions pour trouver une forme de conclusion. Quelques voix soulignent toutefois la justesse de la représentation du voyage spatial et saluent l’ambition narrative du projet.
À bien y regarder, « Defying Gravity » a échappé au sort parfois plus cruel encore réservé aux séries prolongées artificiellement : elle n’a pas subi les réécritures absurdes qu’ont connues d’autres œuvres du genre. Reste une interrogation persistante chez ceux qui l’ont suivie : que cachait vraiment ce pod Beta ? Et jusqu’où aurait pu aller cette expédition si on lui avait laissé davantage de temps ?
