Selon le réalisateur, une scène coupée aurait pu réhabiliter le film Super Mario Bros. des années 90

Image d'illustration. Super Mario Bros.Sinergi Pictures / PR-ADN
Le réalisateur du film Super Mario Bros., sorti dans les années 1990 et largement critiqué à sa sortie, estime qu’une scène coupée aurait pu changer la perception du public et améliorer la réputation de cette adaptation cinématographique.
Tl;dr
- Le film « Super Mario Bros. » s’éloigne du jeu.
- Une scène coupée devait expliquer ce choix artistique.
- L’absence de cette scène a accentué l’incompréhension des fans.
Une adaptation singulière et controversée
Quand, en 1993, Hollywood lance son adaptation de « Super Mario Bros. », le choc est immédiat : là où le jeu vidéo culte séduit par ses couleurs vives et son univers enfantin, le film signé par les co-réalisateurs Rocky Morton et Annabel Jankel plonge dans une ambiance sombre et dystopique. Loin d’être un hasard, ce virage esthétique s’inscrit dans la continuité du parcours des réalisateurs, déjà connus pour leur thriller noir « D.O.A. » ou la satire cyberpunk « Max Headroom ». Pourtant, des éléments phares du jeu demeurent : deux plombiers transportés dans un autre monde, une princesse à sauver, des créatures improbables et cette énergie caractéristique faite de bonds et de gadgets.
L’épineuse question du respect de l’œuvre originale
Ce parti-pris radical n’a pas tardé à diviser : alors que certains cinéphiles goûtent aux libertés prises avec le matériau d’origine, nombre de fans ont dénoncé une infidélité flagrante à l’univers conçu par Nintendo. Ce fossé aurait pourtant pu être comblé grâce à une séquence-clé… qui n’a jamais vu le jour sur grand écran.
Une scène coupée, clef de voûte évincée
Dans une rétrospective publiée en 2023 par Inverse, Rocky Morton revient sur ce moment crucial écarté au montage. La scène montrait les frères Mario de retour à Brooklyn, accueillant deux représentants japonais venus acheter leur histoire afin d’en faire un jeu vidéo — mais tout se perdait dans la traduction. Selon Morton, cette fin métanarrative aurait expliqué pourquoi le film diffère tant du jeu : l’adaptation résultait d’une incompréhension volontairement soulignée. Or, la décision des producteurs de supprimer cet épilogue a privé le public d’une clé de lecture essentielle. Difficile d’imaginer aujourd’hui que l’autodérision façon « The LEGO Movie » ait été acceptée par les studios ou même par Nintendo il y a trente ans.
Tentatives de rattrapage et héritage contrasté
Un clin d’œil subsiste néanmoins dans la séquence post-générique : deux personnages secondaires tentent maladroitement de vendre leur propre version vidéoludique aux représentants anonymes d’une entreprise… Mais trop tard ; la réputation du film était déjà entachée. Même des acteurs principaux comme Bob Hoskins ou Dennis Hopper se sont publiquement désolidarisés du projet. Peut-être qu’avec cette scène initiale, l’histoire aurait été perçue autrement. Un simple détail parfois suffit à changer la réception d’une œuvre – surtout quand il s’agit d’un géant comme Nintendo.
