Æon Flux : le film de science-fiction dystopique que Charlize Theron voyait couler

Image d'illustration. Æon FluxMTV Films / PR-ADN
Charlize Theron anticipe le naufrage de Æon Flux avant même sa sortie.
Tl;dr
- Charlize Theron comprend très tôt, dès les premiers jours de tournage, que Æon Flux est mal parti et finira probablement en échec, malgré son changement de registre vers la science-fiction.
- Elle se dit impuissante face à une production qu’elle ne contrôle pas, dans un film qu’elle juge mal écrit, mal structuré et incapable de restituer l’esprit de la série originale.
- À sa sortie, le long-métrage confirme ses craintes en devenant un flop critique et commercial, restant pour elle comme pour le public un exemple d’occasion manquée.
Un projet risqué dès le départ
Au mitan des années 2000, Charlize Theron tente une incursion dans la science-fiction avec Æon Flux, adaptation en prises de vues réelles d’une série animée culte de Peter Chung. Pourtant, l’aventure s’annonce mal embarquée. Dès les premiers jours de tournage, l’actrice pressent que ce projet, censé offrir une alternative aux drames intenses auxquels elle était associée depuis Monster ou North Country, ne sera pas le virage espéré. Elle confie plus tard à The Hollywood Reporter : « Je savais que Æon Flux allait être un foutu flop. Je l’ai senti tout de suite. C’est pour ça que j’ai fait Arrested Development la même année, il fallait apparaître ailleurs et montrer autre chose. »
Des ambitions contrariées par une adaptation bancale
Æon Flux, réalisé par Karyn Kusama, transpose maladroitement l’univers expressionniste et provocateur de l’œuvre originale. Exit le style graphique radical et la dimension subversive du dessin animé : la version cinéma privilégie un scénario alambiqué et confus, sacrifiant l’essence même de la série au profit d’une intrigue laborieuse située en 2415 dans la cité-État de Bregna. Si le casting compte des noms comme Marton Csokas, Sophie Okonedo ou encore Frances McDormand, rien n’y fait : ni les gadgets technologiques, ni l’ambiance dystopique ne sauvent ce film à 62 millions de dollars qui peine à atteindre la barre des 52 millions au box-office.
L’impuissance face au naufrage annoncé
Certains signes avant-coureurs ne trompent pas. À l’époque, le studio choisit même de ne pas organiser de projections presse – un choix rarement rassurant. Interrogée sur sa gestion d’un tel désastre prévisible, Charlize Theron évoque un sentiment d’impuissance : « Je n’étais pas productrice ; je n’avais ni l’expérience ni la latitude pour tout arrêter comme peuvent parfois se le permettre certains acteurs masculins majeurs ». Malgré une production difficile, marquée par une blessure grave sur le plateau, elle s’accroche simplement à finir chaque journée.
Bilan et traces laissées par l’échec
Aujourd’hui, rares sont ceux qui défendent ce film devenu synonyme d’occasion manquée. Le public boude toujours cette adaptation jugée trop éloignée de son modèle ; on retrouve encore fréquemment des DVD invendus dans les bacs à prix cassés. Pour beaucoup, et manifestement pour sa star principale, c’est là que Æon Flux a trouvé sa juste place.
