La conclusion d’Andor revisite à sa manière la fin de La Revanche des Sith
La conclusion de la série Andor propose une relecture audacieuse de la fin de La Revanche des Sith, en inversant les dynamiques et les thèmes établis dans l’épisode III de Star Wars pour offrir une perspective renouvelée sur la saga.
Tl;dr
- « Andor » crée un parallèle fort avec Anakin Skywalker.
- Bix choisit de partir, à l’inverse d’Anakin.
- La série offre un espoir absent dans « La Revanche des Sith ».
Un destin croisé dans la galaxie Star Wars
Dans l’univers tentaculaire de Star Wars, les parallèles ne manquent pas, mais certains font mouche plus que d’autres. Alors que la saga regorge de clins d’œil, du désert originel de Rey et Luke aux couleurs vestimentaires de Leia rappelant celles de son père, c’est bien la conclusion tragique de Revenge of the Sith qui continue de fasciner. D’ailleurs, la deuxième saison de Star Wars: Andor, actuellement sur Disney+, vient renforcer ces jeux de miroirs, en osant confronter l’histoire de Bix Caleen et Cassian Andor à celle d’Anakin Skywalker.
Bix face à ses choix : miroir inversé d’Anakin
Après le chaos sur Ferrix, les compagnons de Cassian Andor, dont sa compagne Bix Caleen, cherchent refuge sur Mina-Rau. Marquée par une tentative d’agression impériale et ballottée par les tourments de la répression galactique, Bix doit composer avec l’absence persistante de Cassian, accaparé par la lutte contre l’Empire. Plus encore, ce qui la ronge véritablement, c’est l’incapacité de Cassian à s’engager pleinement dans la cause rebelle. Un élément décisif survient lorsqu’une guérisseuse sensible à la Force révèle à Bix toute l’importance que pourrait avoir Cassian dans le destin galactique.
Face à ces événements, Bix prend une décision douloureuse mais lucide : elle quitte Yavin 4 et laisse derrière elle un message où elle promet une possible retrouvaille après la mission. Ce geste marque non seulement un tournant pour Cassian — qui se révèlera crucial lors de la destruction de l’Étoile Noire — mais illustre surtout une maturité rare dans cet univers souvent livré aux passions destructrices.
L’héritage tragique d’Anakin et le souffle d’espoir chez Bix
La trajectoire d’Anakin Skywalker, quant à elle, demeure marquée par la perte et le refus du renoncement. Entre la disparition tragique de Qui-Gon Jinn puis celle de sa mère Shmi, Anakin s’enferre dans sa quête impossible pour sauver Padmé Amidala — jusqu’à céder aux promesses empoisonnées du Chancelier Palpatine. Malgré l’appel pressant de Padmé à tout quitter pour recommencer ailleurs, Anakin s’accroche désespérément au conflit… avec les conséquences funestes que l’on connaît.
À y regarder de près, il aurait suffi qu’Anakin fasse preuve du même détachement courageux que Bix pour changer le cours galactique — deux destins croisés où seule une décision inverse sépare le drame absolu du frémissement d’espoir. Car là où la série « Andor » se termine sur une note résolument optimiste — Bix et son enfant contemplant un horizon enfin libéré — « La Revanche des Sith » ne laisse guère place à ce genre d’aurore.
Et si tout tenait à un choix ?
Sans prétendre répondre définitivement aux questions morales soulevées par cette fresque spatiale, on retiendra peut-être que ce sont souvent ceux capables de tourner le dos au combat qui finissent par ouvrir les portes du renouveau. Une réflexion pas si étrangère aux dilemmes qui traversent notre propre histoire.
