Le principal défaut du premier Jurassic World continue de hanter Rebirth

Image d'illustration. Scarlett Johansson, ici dans Jurassic World : RenaissanceUniversal Studios / PR-ADN
Le principal défaut du tout premier Jurassic World, qui avait marqué les spectateurs et suscité des critiques lors de sa sortie, continue de se faire sentir dans Rebirth, laissant une impression persistante sur la nouvelle production de la franchise.
Tl;dr
- L’obsession pour les dinosaures reste intacte au cinéma.
- « Jurassic World Rebirth » rate son ouverture cynique.
- L’émerveillement triomphe sur le désenchantement dans la saga.
Un amour inaltérable pour les dinosaures
Depuis plus de trente ans, notre fascination pour les dinosaures ne montre aucun signe d’essoufflement. Malgré des critiques récurrentes et une formule parfois usée jusqu’à la corde, chaque nouvel opus estampillé Jurassic se fraie un chemin en tête du box-office. L’engouement collectif s’explique sans doute par une émotion primitive : voir ces créatures géantes reprendre vie sur grand écran relève toujours du prodige. Qu’importe donc si les scénarios flirtent avec l’exagération ou la redite ; le public, lui, n’a jamais cessé d’en redemander.
Le faux pari du cynisme
Pourtant, à vouloir capter l’air du temps, « Jurassic World Rebirth » démarre sur une note étrangement désabusée. Dans une scène inaugurale qui a fait grincer quelques dents, des New-Yorkais blasés ignorent la présence d’un gigantesque sauropode en pleine rue, comme s’il s’agissait d’un banal bouchon urbain. Cette idée, déjà amorcée dès 2015 dans « Jurassic World », prétend que l’humanité se serait lassée de ces bêtes extraordinaires — un postulat peu crédible alors même que la saga continue de remplir les salles obscures. Rapidement cependant, ce vernis cynique s’écaille et laisse place à l’émerveillement qui a fait le succès de la franchise.
Retour à l’émerveillement, malgré tout
Le film finit ainsi par renouer avec sa source d’inspiration première : la capacité de ces créatures à provoquer la stupeur. Lorsque le commando mené par Scarlett Johansson, incarnant une Zora Bennett mercantile jusqu’à la caricature, se retrouve face à un Titanosaurus, même les plus endurcis plient devant le spectacle. À cet instant précis, tout calcul financier s’efface devant la majesté animale — une bascule qui rappelle le regard émerveillé d’Alan Grant dans « Jurassic Park ». Il suffit de voir le sourire enfantin illuminant ces adultes cyniques pour réaliser que le mythe fonctionne encore pleinement.
La dimension familiale n’est pas oubliée : l’intrigue secondaire autour de Dolores, adorable Aquilops recueilli par la survivante Isabella Delgado (Audrina Miranda), rappelle qu’avoir un dinosaure pour compagnon reste un rêve universel.
Voici ce que ce nouvel épisode met en lumière :
- Même les personnages désabusés finissent éblouis par les dinosaures.
- L’attachement intergénérationnel au mythe dépasse toute tentative de rationalisation narrative.
Saga inoxydable et regards vers l’avenir
Porté par l’ombre tutélaire du classique réalisé jadis par Steven Spielberg, « Rebirth » ne peut s’empêcher de rendre hommage aux origines tout en trébuchant parfois sur ses propres maladresses. Mais il confirme surtout une chose : aucune dose de scepticisme n’effacera jamais notre fascination instinctive pour ces colosses disparus. Pour le meilleur ou pour le pire, tant qu’il y aura des écrans et des spectateurs curieux, les dinosaures continueront d’y régner sans partage… au moins jusqu’au prochain rugissement en salle.
