Avant la nouvelle série, ce RoboCop des années 90 méritait mieux

RoboCop
RoboCop — CTV / PR-ADN

Pendant que Prime Video prépare un nouveau RoboCop, une série live de 1994 refait surface. Et son approche du personnage reste étonnamment solide.

En bref

  • La série RoboCop de 1994 revient dans les discussions
  • Elle creusait davantage l’humanité d’Alex Murphy
  • Elle est disponible sur Prime Video

On parle déjà de la prochaine version de RoboCop, mais il y a un autre sujet, plus intéressant qu’il n’en a l’air. La série live de 1994, souvent oubliée, était en fait bien meilleure que son souvenir un peu poussiéreux.

Une série souvent rangée trop vite au rayon des curiosités

Pendant que Prime Video développe une nouvelle adaptation du film de 1987 avec Dan Stevens dans le rôle d’Alex Murphy, un vieux paradoxe refait surface. Voir Amazon, version bien réelle d’une méga-corporation froide à la OCP, mettre la main sur RoboCop, ce n’est quand même pas rien.

Mais ce futur projet arrive après une longue série de tentatives. La franchise compte déjà quatre films, dont le remake de 2014, mais aussi deux dessins animés, RoboCop et RoboCop: Alpha Commando, puis deux séries en prises de vues réelles, RoboCop: The Series et RoboCop: Prime Directives.

Celle de 1994 reste la plus visible du lot côté télévision. Une seule saison, plus de vingt épisodes, un design de production solide pour l’époque, et surtout une écriture plus fine que dans pas mal d’autres déclinaisons. Petit détail qui change beaucoup de choses, elle prolonge seulement le film de Paul Verhoeven et laisse de côté RoboCop 2 et RoboCop 3.

Là où Murphy redevient un peu plus qu’une machine

Le cœur de cette version, c’est moins l’armure que la faille à l’intérieur. Richard Eden joue un RoboCop qui reconnecte peu à peu avec ce qu’il reste de Murphy, et la série lui donne quelque chose que les films exploraient moins, du temps.

On y retrouve son père, Russell Murphy, sa veuve, Nancy, puis leur fils Jimmy. Eux ne comprennent que plus tard que la carcasse de RoboCop contient bien le corps de Murphy. Et c’est là que la série devient plus mélancolique. RoboCop comprend qu’il était le mari de Nancy, mais choisit de ne pas lui révéler son identité, parce qu’il estime qu’elle a besoin d’un mari et que Jimmy a besoin d’un père, pas d’un robot armé.

À côté, Yvette Nipar incarne la détective Lisa Madigan, une partenaire humaine qui prolonge à sa façon la place qu’occupait le personnage joué par Nancy Allen dans le film original.

Diana Powers, l’idée la plus forte de cette version

Le meilleur ajout, clairement, s’appelle Diana Powers. Interprétée par Andrea Roth, cette scientifique voit sa conscience transférée dans NeuroBrain, le réseau qui fait tourner les infrastructures de Detroit, après une opération menée par Chip Chaykin et Cray Z. Mallardo.

Résultat ? Diana survit comme hologramme, souvent visible uniquement par RoboCop. L’idée est simple, mais très forte. Eux deux ont été confisqués par la logique d’entreprise, détournés vers des services publics privatisés, puis réduits à une fonction. Lui n’a presque plus d’humain, elle n’a plus de corps du tout. Du coup, elle devient sa conscience, sa confidente, et sans doute la seule personne capable de le comprendre vraiment.

Moins de violence, mais une vraie personnalité télé

La série n’a évidemment pas la brutalité du film quasi excessif de Verhoeven. Télé des années 90 oblige, RoboCop ne descend pas tous les suspects qu’il croise. Mais cette contrainte a aussi un effet utile, elle ouvre la porte à une galerie de méchants récurrents plus ludique, dont William Ray « Pudface » Morgan, joué par James Kidnie.

Bon, on perd un peu de la satire ultra-violente des films. En échange, on gagne un drame de science-fiction plus posé, parfois un peu absurde, mais souvent plus réfléchi qu’attendu. Et alors que la franchise repart une fois de plus chez Prime Video, ce n’est pas un mauvais rappel, RoboCop fonctionne aussi quand il prend le temps de regarder l’homme coincé sous le métal.

Morgan Fromentin

Éditeur·rice

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