Batman Begins, le virage qui a relancé DC et changé ses films

The Dark Knight Rises
Image d'illustration. The Dark Knight Rises — Warner Bros. Pictures / PR-ADN

Il y a 21 ans, Batman Begins arrivait après un long crash industriel. Le film de Christopher Nolan a relancé Batman, mais surtout redéfini la façon de filmer DC.

  • DC sortait d’une série d’échecs
  • Batman Begins a imposé un ton réaliste
  • The Dark Knight a fixé la nouvelle norme

Il y a 21 ans, Batman Begins n’a pas seulement relancé Batman. Le film a surtout évité à DC de s’enfermer dans une impasse au moment où Marvel commençait, lui, à trouver son rythme au cinéma.

DC sortait d’une vraie impasse

On l’oublie parfois, mais le début des années 2000 a été brutal pour DC. Après la période très visible de Batman à la télé, en animation et au cinéma, la machine s’est grippée. Les deux films de Tim Burton avaient une identité gothique très forte. Puis Joel Schumacher a emmené la saga vers quelque chose de plus coloré, plus enfantin, plus excessif aussi.

Le problème, c’est que Batman et Robin a laissé des traces. Le film a été tellement moqué que même ses têtes d’affiche, George Clooney et Chris O’Donnell, l’ont tourné en dérision. Derrière, Warner Bros. n’avait pas grand-chose pour compenser. Steel a été un échec massif, le projet de Superman associé à Tim Burton et Kevin Smith n’a jamais vu le jour, et les débuts de la décennie avec Catwoman puis Constantine n’ont pas rassuré grand monde.

Christopher Nolan a cassé le moule du film de super-héros

C’est là qu’arrive Christopher Nolan, après Memento et Insomnia. Et son idée n’était pas de refaire un film de super-héros classique. Là où Spider-Man et les X-Men proposaient encore des affrontements très codés entre héros costumés et super-vilains costumés, Batman Begins choisit une autre route.

Le détail qui dit tout, c’est son rythme. Le film dépasse les deux heures, et la première heure sert d’abord à suivre Bruce Wayne dans sa formation. Batman lui-même met du temps à surgir. Pas mal de studios n’auraient jamais osé ça à l’époque. Christopher Nolan, lui, construit d’abord un monde crédible, puis il y glisse un homme déguisé en chauve-souris.

Résultat, le ton change complètement. Fini le noir expressionniste de Tim Burton, fini aussi le spectaculaire cartoonesque de Joel Schumacher. Batman ressemble enfin à une figure qui pourrait exister dans une ville réelle, même si Gotham garde son étrangeté. Cette approche a changé la manière dont Warner Bros. regardait ses films de comics.

L’effet Dark Knight a dépassé Gotham

Le vrai basculement arrive avec The Dark Knight. Batman Begins avait relancé la machine. Sa suite l’a installée très haut, au point d’être largement vue comme le meilleur film de super-héros de son temps, et même comme un grand film tout court. L’ambition était claire, faire un récit criminel ancré, presque à la manière d’un cinéma que l’on associe plus facilement à Martin Scorsese qu’aux adaptations de comics.

Le contraste avec Iron Man, sorti la même année, est intéressant. L’un tirait Marvel vers un univers connecté et plus ludique. L’autre poussait DC et Warner Bros. vers plus de gravité. On l’a vu ensuite avec la fin de la trilogie de Christopher Nolan, mais aussi avec Watchmen et le choix de confier la suite de cette orientation à Zack Snyder.

Mais c’est là que l’héritage devient plus compliqué. La source le dit bien, Zack Snyder a repris la noirceur sans retrouver l’équilibre de Christopher Nolan, qui ancrerait le héros dans le réel au lieu d’assombrir tout le décor. Et 21 ans après, c’est peut-être ça le vrai sujet. DC a retenu le ton, pas forcément la méthode.