Bien avant Batman et Daredevil, Ben Affleck a repris Jack Ryan à Harrison Ford. Un pari rentable, mais loin d’avoir relancé la franchise.
En bref
- En 2002, Ben Affleck reprend le rôle de Jack Ryan après Harrison Ford, dans une version plus jeune et inexpérimentée du personnage.
- Désaccords créatifs, changements de réalisateur et de scénario ont fragilisé le projet avant sa sortie.
- Malgré un box-office rentable, The Sum of All Fears reçoit des critiques mitigées et la franchise ne revient au cinéma qu’en 2014, sans Ben Affleck
Remplacer Harrison Ford, ce n’est jamais un simple recast. En 2002, Ben Affleck s’y colle avec The Sum of All Fears, bien avant d’enfiler les costumes de Batman ou de Daredevil. Et le plus intéressant, franchement, c’est moins le film lui-même que ce qu’il raconte d’Hollywood, quand un studio tente de rajeunir une franchise sans vraiment savoir quoi faire de son héros.
Le moment où Affleck récupère un rôle trop grand pour lui
Dans The Sum of All Fears, Jack Ryan n’est pas encore la figure d’autorité vue chez Alec Baldwin dans À la poursuite d’Octobre Rouge, puis chez Harrison Ford dans Jeux de guerre et Danger immédiat. Cette fois, le personnage est plus jeune, tout neuf à la CIA, plus à l’aise derrière ses rapports qu’en homme d’action.
Le choix se tient sur le papier. Il fait même d’Affleck le troisième acteur à incarner Ryan. Autour de lui, on trouve aussi Morgan Freeman, futur Lucius Fox chez Christopher Nolan, et Liev Schreiber, vu ensuite en Dents-de-sabre dans X-Men Origins: Wolverine.
Un film bricolé avant même sa sortie
Mais la vraie histoire commence en coulisses. Harrison Ford avait d’abord signé, annoncé le film dès 1999 et participé au développement du script. Sauf que ses désaccords avec le réalisateur Philip Noyce, malgré plusieurs versions écrites par Akiva Goldsman, ont fini par faire sauter les deux hommes.
Résultat ? Nouveau réalisateur, Phil Alden Robinson. Nouveau script finalisé par Paul Attanasio et Daniel Pyne. Nouveau Jack Ryan, donc. Ford a même validé l’arrivée d’Affleck.
Et ce n’était pas le seul front. Tom Clancy, déjà déçu par l’adaptation de Patriot Games, hésitait à céder encore ses droits. Paramount Pictures a dû renégocier en sortant le chéquier. Puis Daniel Pyne a modifié les antagonistes du roman, d’abord des nationalistes arabes, en néo-nazis, en expliquant que ce type de menace lui paraissait plus universel et moins risqué pour le public visé.
Rentable au box-office, beaucoup moins dans les têtes
Côté caisse, ça marche. Le premier week-end, le film démarre à 31,1 millions de dollars et passe devant Star Wars, épisode II: L’Attaque des clones comme Spider-Man de Sam Raimi. Avec un budget de production de 68 millions de dollars, l’opération est rentable.
Sauf que les critiques n’ont pas suivi. Pas mal de commentateurs ont rappelé l’autorité naturelle qu’avaient Baldwin et surtout Ford dans le rôle. Chez Affleck, elle apparaît moins nettement, et le script ne l’aide pas vraiment, puisque ce Ryan de préquelle n’a justement pas encore ce poids. En face, Morgan Freeman en William Cabot lui vole facilement la vedette.
Le drôle de précédent avant Daredevil et Batman
Ce qui pique, c’est la suite. Après The Sum of All Fears, la franchise cinéma s’arrête. Elle ne revient qu’en 2014 avec Jack Ryan: Shadow Recruit, sans Affleck et avec John Krasinski. Puis le personnage bascule vers la télé sur Prime Video, de 2018 à 2023, avant un film, Jack Ryan: Ghost War, annoncé pour 2026.
Même logique pour ses super-héros. Daredevil, en 2003, a bien marché, mais Elektra s’est planté, et aujourd’hui le visage live-action du personnage, c’est surtout Charlie Cox, porté par la série de 2015 à 2018 puis Daredevil: Born Again en 2025. Bref, Ben Affleck a souvent été au centre de grosses franchises. Pas forcément de celles qui lui ont vraiment appartenu.