Buffy : pourquoi la saison 5 ressemblait déjà à la vraie fin de série

Buffy
Image d'illustration. Buffy — 20th Century Fox / PR-ADN

La mort de Buffy dans le final de la saison 5 bouclait l’arc de la série avec une force rare. Les saisons 6 et 7 ont payé ce faux dernier adieu.

En bref

  • La saison 5 pouvait conclure Buffy
  • The Gift bouclait ses thèmes majeurs
  • Les saisons 6 et 7 ont dû repartir de zéro

Il y a des séries qui ratent leur entrée. Buffy contre les vampires, elle, a surtout raté sa sortie. Et c’est ça qui frappe encore aujourd’hui, parce que sa fin la plus juste, la plus nette, la plus douloureuse aussi, arrive en fait à la saison 5.

Une héroïne déjà arrivée au bout de son trajet

Pendant cinq ans, Buffy avance sur une ligne très claire, devenir adulte tout en affrontant vampires, démons, fantômes et autres menaces paranormales. Puis la saison 5 assombrit tout. Face à Glory, sorte de divinité infernale et adversaire la plus redoutable de la série jusque-là, le combat change d’échelle.

Le cœur du final, ce n’est plus seulement vaincre un monstre. C’est choisir qui doit vivre. Buffy cherche d’abord une solution pour sauver sa petite sœur Dawn sans payer le prix demandé. Elle comprend finalement qu’elle peut se sacrifier à sa place. Elle demande alors à Dawn d’être courageuse et de vivre pour elle, avant de sauter dans le portail interdimensionnel ouvert par Glory. Le monde est sauvé. Buffy meurt. Résultat, un vrai point final.

Ce que The Gift réussissait que la vraie fin n’a pas retrouvé

Ce n’est pas juste un épisode triste. The Gift avait été pensé comme une fin possible, au moment où l’avenir de la série n’était pas assuré. Ça change tout, parce que l’épisode ne cherche pas à ménager la suite. Il referme vraiment quelque chose.

On y retrouve les thèmes qui traversent cette année-là, la mort, le devoir, le sacrifice. Et la série réussit un tour assez rare, tirer de la profondeur et de l’émotion d’un concept qui, sur le papier, pouvait sembler franchement léger. Une lycéenne sarcastique qui chasse les monstres, dit comme ça, ce n’est pas forcément de la tragédie. Là, si.

Pourquoi les saisons 6 et 7 ont traîné cette faiblesse

Le problème, c’est qu’après une conclusion pareille, il faut repartir. Littéralement. Les créateurs ont dû ressusciter leur personnage principal pour continuer l’histoire.

Du coup, la relative déception autour des saisons 6 et 7 s’explique assez bien. Elles ne sont pas catastrophiques, loin de là, mais elles héritent d’un handicap presque impossible à contourner, passer après un final qui avait déjà la tenue, le poids et l’élégance d’une vraie fin de série. Refaire plus fort ensuite, franchement, pas simple.

L’ombre de The X-Files sur une série devenue plus grande encore

Il faut aussi se souvenir d’où venait Buffy contre les vampires. Le triomphe de The X-Files a inondé les années 1990 de séries mêlant fantastique et mécanique procédurale, même si Twin Peaks avait ouvert la voie plus tôt. La formule du monstre de la semaine a ensuite nourri Supernatural, Fringe, Evil ou Grimm.

Mais Buffy a laissé une empreinte pop culturelle encore plus large. C’est peut-être pour ça que ce faux adieu de la saison 5 reste si fort. Quand une série influence autant son époque, on attend une fermeture à sa mesure. Ici, elle existait déjà. Deux ans trop tôt.

Morgan Fromentin

Éditeur·rice

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