En 1993, Jurassic Park a tout écrasé. Mais quatre autres films de SF, plus marginaux, ont laissé des répliques que certains fans connaissent encore par cœur.
En bref
- 1993 ne se limite pas à Jurassic Park
- Quatre films SF cultes vivent par leurs répliques
- Humour, bizarrerie et nostalgie expliquent leur trace
Tout le monde se souvient de Jurassic Park. Mais la mémoire pop ne suit pas toujours le box-office, et 1993 a aussi laissé derrière lui une poignée de films de SF plus discrets, parfois carrément mal aimés, dont certaines répliques reviennent encore sans prévenir chez les fans qui les ont découverts au bon âge.
Dans ce contraste, il y a quelque chose de très juste. D’un côté, le film de Steven Spielberg a redéfini le genre pour l’année, peut-être même pour la décennie, avec ses scènes marquantes et des lignes de dialogue devenues centrales jusque dans les suites. De l’autre, quatre longs-métrages moins prestigieux ont laissé une empreinte plus intime, presque générationnelle.
Quand 1993 ne se résume pas à un seul dinosaure
Ce sont des films qu’on n’érigerait pas forcément au rang de classiques évidents. Et pourtant, pour une partie du public, ils restent collés à la mémoire. Pas forcément parce qu’ils étaient meilleurs. Parce qu’ils avaient un ton, une folie, une manière de faire tenir une époque dans une phrase.
Résultat, on peut avoir oublié l’intrigue précise et garder la musique des mots.
Le futur absurde de Demolition Man
Avec Demolition Man, Marco Brambilla offrait à Sylvester Stallone une forme de retour en grâce. Pas seulement grâce aux coups et aux poursuites. Le vrai nerf du film, c’est son humour, assez inattendu chez un acteur souvent plus raide que léger.
Le principe du flic des années 1990 largué dans le futur donne tout de suite le ton. C’est ce décalage qui accouche de la fameuse ligne sur les coquillages, « Il ne sait pas comment utiliser les trois coquillages ! », mais aussi du quiproquo avec le personnage de Sandra Bullock, « Allons faire sauter ce type », puis « Loin d’ici. Faire sauter ce type loin d’ici. ». Clairement, le film tient encore parce qu’il sait être bête avec précision.
Coneheads et TMNT III, les mal-aimés qui collent à la peau
Adapté après leur passage dans SNL, Coneheads poussait le délire très loin, avec la planète Remulak, le monstre animé image par image The Garthok et ce vieux ressort d’aliens qui se fondent parmi les humains. Le film a raté sa carrière en salles, mais son cœur est ailleurs, dans cette idée très simple d’être compris malgré sa bizarrerie. Ça passe par une phrase comme « Votre perception positive de moi est vitale à mon existence », ou par l’absurde pur de « Consommez des quantités massives ».
Et puis il y a Teenage Mutant Ninja Turtles III, le vilain petit canard de la trilogie. Cette fois, les tortues passent par le voyage dans le temps, avec un budget plus serré et des fans souvent très seuls à le défendre. Mais les vannes entre frères font le travail, entre « Vous attendiez peut-être la famille Addams ? », le recyclage peu inspiré de « Schwing ! », et la meilleure réplique du lot signée Mikey, « J’ai mal aux jambes. J’ai mal aux bras. J’ai mal à mes taches. Même mon bandana me fait mal. »
Freaked, le rejeté devenu objet culte
L’histoire de Freaked est encore plus rude. Le studio l’a quasiment abandonné à sa sortie, alors que le film d’Alex Winter, coécrit et coréalisé par l’acteur de Bill et Ted, déborde de blagues à la minute et d’effets pratiques impressionnants, même pour l’époque.
Bon, choisir une seule citation relève presque de l’impossible. Il y a « Heureusement que ce n’était pas notre avion ! », l’échange scatologique autour de Kim Basinger, mais aussi un fond anti-corporate et anti-pollution qui sonne encore juste. Et la ligne de Mr. T, dans la peau de la femme à barbe, résume peut-être le mieux la raison de cette survie culte, « Mais maintenant je sais qui je suis. Je peux dire au monde : « Hé, voilà qui je suis. Je suis une femme, et je m’aime. » »
Ce n’étaient pas les rois de 1993. Mais ce sont souvent ces films-là qui disent le mieux comment une génération a appris à citer la pop avant même de l’analyser.