Quatre paris fantasy des années 2010 ont raté leur cible sans manquer d’idées. Avec plus de temps et une meilleure adaptation, ils auraient une seconde vie.
En bref
- Quatre films fantasy ratés gardent un vrai potentiel
- Leur souci vient surtout de l’exécution
- Un reboot plus patient ferait enfin la différence
On se souvient surtout de leur échec. C’est un peu injuste. Les années 2010 ont produit pas mal de films de fantasy oubliés qui n’étaient pas vides, juste mal calibrés, trop pressés, ou coincés dans une logique de franchise avant même d’exister comme bons films.
Le vrai problème, ce n’était pas l’idée
Après les cartons du Seigneur des anneaux, de Harry Potter, de Twilight ou de Narnia, les studios ont cherché leur prochain grand monde à exploiter. On connaît la suite. Quelques succès, beaucoup de tentatives à moitié finies. En 2026, l’idée d’un reboot n’a rien d’absurde, surtout maintenant que le public accepte plus facilement des univers denses, avec leurs règles, leur vocabulaire et leurs zones d’ombre.
Le point commun de ces quatre films, c’est là qu’il devient intéressant, tient moins à leur pitch qu’à leur adaptation. Le matériau était souvent solide. Ce qui a lâché, c’est la manière de l’amener.
Quand le blockbuster écrase tout
Seventh Son devait lancer une franchise. Il racontait l’apprentissage de Tom Ward, septième fils d’un septième fils, choisi par Master Gregory pour affronter la sorcière Mother Malkin. Sur le papier, il y avait tout, un jeune héros, un mentor, des monstres, des sorcières et une base littéraire signée Joseph Delaney.
Mais le film donne l’impression d’avoir été pensé comme un gros spectacle avant d’être pensé comme une histoire. Résultat, une intrigue générique, sans vraie identité. Un reboot aurait intérêt à revenir aux livres, à ralentir, à rendre la formation de Tom Ward plus forte, et à donner enfin du relief aux créatures comme aux sorcières.
Des mythologies fortes, des films trop sages
Avec Gods of Egypt, le plus frustrant est presque évident. Transformer la mythologie égyptienne en grande aventure fantasy, c’était une bonne idée. Le film met en scène Set, qui prend le pouvoir après avoir vaincu Horus, pendant que le mortel Bek s’allie au dieu déchu pour reprendre le trône.
Le problème, c’est que Gods of Egypt utilise surtout ses dieux, ses noms et ses créatures comme décor pour des scènes de bataille et d’effets visuels. Alors qu’un reboot pourrait construire quelque chose de bien plus vivant autour de Horus, Set, Isis ou Osiris, avec des rivalités, des alliances et un rôle plus fort pour les humains. Et vu l’appétit actuel pour de nouvelles licences fantasy, l’idée reste franchement exploitable.
Des univers trop vastes pour tenir en un seul film
Le cas de Warcraft est différent. Là, il y avait déjà presque tout, sauf une porte d’entrée claire. Entre l’arrivée des orcs en Azeroth, le portail ouvert par Gul’dan, puis la guerre qui implique Durotan, Anduin Lothar et Medivh, le film demande énormément au spectateur en un peu plus de deux heures. Pour les joueurs, c’est riche. Pour les autres, c’est un mur.
Même constat, autrement, pour Mortal Engines. Son idée reste l’une des plus fortes du lot, des villes géantes transformées en machines mobiles qui chassent d’autres villes pour voler leurs ressources. Au centre, Hester Shaw et Tom Natsworthy, happés par une conspiration liée à Londres et à sa technologie militaire. Le mélange science-fiction et fantasy fonctionne très bien sur le papier, mais le film file trop vite. Hester Shaw avait besoin de plus d’espace, notamment pour son arc de vengeance, et Tom Natsworthy d’une évolution moins expédiée.
Ce qui ressort de ces quatre cas, c’est simple. Le cinéma fantasy n’a pas seulement besoin de grandes idées, il a besoin de temps. Et ça, pour les studios qui rêvent encore du prochain grand univers, ça change pas mal de choses.