Ces séries de SF très courtes qui bouclent vraiment leur histoire

Cowboy Bebop
Cowboy Bebop — Netflix / PR-ADN

Moins de 30 épisodes, une vraie fin, et aucune saison de trop : ces cinq séries de science-fiction prouvent qu’un format court peut viser très haut.

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Trouver une série de science-fiction qui se regarde vite et qui se termine vraiment, aujourd’hui, c’est presque un luxe.

Le paradoxe est connu. Quand une série marche, l’industrie veut l’étirer. Quand elle rate son démarrage, elle saute vite, encore plus à l’ère du streaming. La SF souffre de ce mouvement comme les autres genres, alors même qu’elle demande souvent beaucoup de construction de monde, de règles, de patience. Résultat, les œuvres courtes, ambitieuses et closes sur elles-mêmes sont rares. Et quand elles existent, on les garde en tête longtemps.

Pourquoi ces formats courts comptent autant

La source le rappelle bien : certaines grandes franchises ont tenu la distance sur des centaines d’épisodes, comme Stargate SG-1 ou Star Trek: The Next Generation. D’autres, de Lost à The X-Files, ont fini par diviser leur public. À l’inverse, des projets très ambitieux comme 1899 chez Netflix ou Firefly sur Fox ont été stoppés avant d’avoir le temps d’élargir leur audience.

C’est pour ça que ces cinq titres comptent. Ils ne promettent pas une fin, ils la donnent.

Quand la mini-série ose aller plus loin

Avec ses 10 épisodes, Maniac, adapté par Patrick Somerville et mis en scène par Cary Joji Fukunaga pour Netflix, suit Annie Landsberg et Owen Milgrim, joués par Emma Stone et Jonah Hill. Tous deux entrent dans un essai pharmaceutique mené par Neberdine Pharmaceutical and Biotech, censé soigner leurs blessures psychologiques via des états de rêve guidés. Cambriolage, fantasy, séance spirite, la série change de genre sans perdre sa boussole, la relation entre ses deux personnages.

Encore plus resserrée, Devs tient en 8 épisodes écrits et réalisés par Alex Garland pour FX. Sonoya Mizuno y incarne Lily Chan, une ingénieure qui enquête sur le suicide apparent de son compagnon Sergei, joué par Karl Glusman, après son arrivée dans le labo secret de Devs chez Amaya. Sous l’intrigue conspirationniste, la série travaille le déterminisme et la théorie de la simulation, mais sans s’égarer. C’est sec, tenu, clairement pensé pour une seule saison.

La SF qui passe par l’intime

Station Eleven, mini-série de 10 épisodes sur HBO Max, adapte le roman d’Emily St. John Mandel en jouant sur deux temporalités. Une pandémie foudroyante détruit la civilisation, puis la série rejoint Kirsten Raymonde, interprétée par Mackenzie Davis, vingt ans plus tard, au sein d’une troupe itinérante de théâtre shakespearien. Patrick Somerville relie peu à peu Kirsten, Tyler, joué par Daniel Zovatto, une autrice enfant incarnée par Matilda Lawler, et les témoins d’une soirée fatale à Chicago. Ce qui frappe, c’est le refus du cliché survivaliste. L’art et la mémoire deviennent le vrai moteur.

Puis il y a Cowboy Bebop. 26 épisodes, pas un de trop. Shinichirō Watanabe y mélange cyberpunk, cinéma de genre et musique pour suivre un équipage de chasseurs de primes à bord du Bebop, en 2071, dans un système solaire colonisé. Beaucoup d’épisodes fonctionnent seuls, avec des couleurs de western ou de noir, portés par la bande-son de Yoko Kanno. Mais, mine de rien, chaque détour ramène au passé que l’équipage fuit.

Dark, la machine à boucler les paradoxes

Et tout en haut, il y a Dark. Trois saisons, 26 épisodes au total, en langue allemande, sur Netflix. Tout part de la disparition d’un garçon à Winden, puis la série déplie une conspiration intergénérationnelle faite de failles temporelles, de réalités qui bifurquent et de paradoxes apocalyptiques. Au centre, Jonas Kahnwald, joué par Louis Hofmann.

Ce qui la distingue, c’est sa structure pensée avant le tournage par Baran bo Odar et Jantje Friese. Pas de mystère lancé pour gagner du temps, pas de détour gratuit. En gros, la fin donne du sens à tout ce qui précède. Et dans un paysage où tant de séries s’arrêtent trop tôt ou trop tard, cette promesse tenue a presque plus de valeur qu’un grand concept.