Après des années d’essais ratés, PUBG va enfin devenir une série Netflix avec Donald Glover aux commandes. Étrange sur le papier, moins quand on regarde le lore.
En bref
- Donald Glover réalisera, écrira et jouera dans une série live-action PUBG pour Netflix, aux côtés de son frère Stephen Glover.
- Après plusieurs tentatives avortées, Krafton veut enfin adapter l’univers sombre de PUBG, marqué par les combats mortels organisés comme un spectacle.
- Grâce à son expérience sur Atlanta et This Is America, Donald Glover pourrait apporter une approche originale et critique à cette adaptation.
Sept ans à pousser PUBG vers la télévision, et Krafton a peut-être enfin trouvé la bonne personne. Donald Glover va réaliser, écrire, produire exécutivement et jouer dans une série live-action pour Netflix, avec son frère Stephen Glover. Sur le papier, ça a l’air improbable. En vrai, c’est peut-être le premier choix vraiment intéressant qu’ait connu ce projet.
Un projet que Krafton traîne depuis longtemps
Contrairement à ce que l’annonce peut laisser croire, l’idée n’a rien d’improvisé. Dès 2019, alors que Bluehole, devenu Krafton, cherchait déjà à transformer le jeu en série, un writers room avait été monté pour développer une version destinée à Netflix.
Cette première mouture est passée par plusieurs vies. D’abord pensée comme un anime, elle a ensuite glissé vers une série premium. Le concept, lui, misait beaucoup sur les coulisses du massacre, avec une salle de contrôle omniprésente et une mécanique presque façon The Truman Show en version action. Cette version n’a pas abouti, mais une partie de ses idées a fini dans le canon du jeu, notamment autour de Sergei Kalimnick.
Et ce n’était pas la dernière tentative. En 2021, Krafton avait aussi annoncé un projet d’animation avec le producteur Adi Shankar, qui n’a jamais vu le jour. Bref, la franchise cherchait son format, sans réussir à verrouiller le bon package créatif.
PUBG a déjà un vrai lore, plus sombre qu’on ne le croit
On réduit souvent PUBG à ses poêles, ses parties tendues et ses chicken dinners. Mauvaise lecture. Le jeu vient d’une filiation beaucoup plus sombre, inspirée par Battle Royale, le thriller japonais de 2000 tiré du roman de Koushun Takami.
En 2019, la bande-annonce cinématique de la saison 4 a commencé à poser cette base sur la carte Erangel. On y suivait un enfant survivant au bombardement de l’île, avant de découvrir qu’il grandissait pour transformer ce traumatisme en compétition mortelle, avec l’idée de faire ressentir aux autres ce qu’il avait vécu, celui d’un « survivant solitaire ».
Puis Krafton a remis une couche. En 2021, le court métrage live-action Ground Zero, porté par Don Lee, installait des combats observés par des gardiens via des caméras de surveillance. Là, on touchait enfin le nerf du truc, la violence comme spectacle organisé.
Pourquoi Donald Glover peut retourner le concept ?
Ce n’est pas un choix évident. C’est justement pour ça que c’est un bon choix. Avec Atlanta, Donald Glover a prouvé qu’il savait rendre une idée simple drôle, bizarre et franchement dérangeante dans le même épisode. Avec Mr. & Mrs. Smith, il a montré qu’il savait reprendre une mécanique d’action connue pour lui donner un point de vue plus intime.
Mais le vrai déclic, il est ailleurs. Son clip This Is America reste une pièce féroce sur l’obsession américaine pour les armes et le spectacle. Or PUBG, dans son lore, parle précisément d’un système où des puissants regardent des gens s’entretuer pour se divertir. Si Netflix laisse Glover appuyer là où ça fait mal, la série peut devenir autre chose qu’une adaptation de Battle Royale de plus. Et ça, clairement, c’est la seule bonne nouvelle possible pour une licence dont le pic remonte déjà à 2018.