Sorti en 2015, Everest racontait la catastrophe réelle de 1996 sur le toit du monde. Un gros film IMAX, solide et pourtant un peu effacé des mémoires.
En bref
- Everest fête ses 11 ans
- Le film adapte la catastrophe de 1996
- Succès solide, mémoire étonnamment faible
Onze ans après, Everest reste un cas curieux. Le film a marché, la critique l’a plutôt soutenu, et pourtant il n’occupe pas la même place dans la mémoire pop que d’autres gros spectacles des années 2010. C’est d’autant plus frappant qu’il cochait beaucoup de cases du grand film de salle, avec IMAX 3D, casting XXL et vraie ambition visuelle.
Un gros film de montagne, pas vraiment un simple véhicule pour Jake Gyllenhaal
On pourrait croire à un film porté par Jake Gyllenhaal. En réalité, pas vraiment. Il y incarne Scott Fischer, un des chefs d’expédition, mais Everest fonctionne surtout comme un film choral, dominé par la rudesse de la montagne elle-même.
Autour de lui, on retrouve Jason Clarke en Rob Hall, Josh Brolin, John Hawkes, Naoko Mori, Michael Kelly, Emily Watson et Robin Wright. Le vrai centre du film, c’est ce groupe coincé dans une descente qui bascule. Et cette sensation de vulnérabilité absolue, le genre de tension physique que le cinéma de survie réussit quand il vous fait sentir le froid presque à travers l’écran.
Une histoire vraie trop brutale pour être traitée à moitié
Le film adapte la catastrophe de l’Everest des 10 et 11 mai 1996. Huit alpinistes ont perdu la vie, piégés par une tempête violente alors qu’ils redescendaient du plus haut sommet du monde.
Baltasar Kormákur, le réalisateur islandais, voulait garder ce lien avec le réel le plus fort possible. Son idée était simple, filmer un maximum d’éléments physiquement avant de recourir aux effets numériques. Et ça se voit. Le tournage s’est réparti entre le Népal et les contreforts de l’Everest, les Alpes italiennes, les studios Cinecittà à Rome et Pinewood au Royaume-Uni. Résultat, une matière visuelle bien plus concrète que dans pas mal de films-catastrophes de studio.
Un scénario signé par deux plumes qui savaient adapter le réel
Le script était entre les mains de William Nicholson et Simon Beaufoy. Le premier venait notamment de Gladiator, de Les Misérables version 2012 et de Unbroken. Le second avait déjà signé The Full Monty, Slumdog Millionaire et l’adaptation de 127 Hours.
Bon, ce détail compte. Parce que Everest ne partait pas d’un livre ici, mais d’un drame réel déjà très documenté. Il fallait donc transformer des faits connus en thriller de survie sans perdre la dimension humaine.
Succès réel, souvenir plus fragile
Présenté d’abord à la Mostra de Venise, Everest est sorti en exclusivité IMAX 3D le 18 septembre 2015, avant une sortie large le 25 septembre. Le film a rapporté environ 203 millions d’euros (221,3M$) pour un budget d’environ 60 millions d’euros (65M$).
Côté accueil, c’était solide aussi, avec 73 % sur Rotten Tomatoes et des critiques saluant son réalisme et sa photographie IMAX. Mais il n’est jamais devenu un phénomène durable. Il a bien refait surface en mars 2025 en prenant la tête des classements sur Netflix. Comme quoi certains films ont une deuxième vie. Et parfois, elle dit beaucoup de notre époque, qui redécouvre en streaming des œuvres pensées, au départ, pour vous écraser en salle.