Présenté comme la fin, Godzilla Minus Zero laisse pourtant plusieurs portes grandes ouvertes. Et pas seulement avec son dernier plan.
En bref
- Godzilla Minus Zero promettait de conclure la saga, mais sa fin ouverte laisse clairement la porte ouverte à une suite.
- Le film introduit un nouveau monstre, Ghidorah, et développe les enjeux autour de la militarisation de Godzilla.
- Aucun troisième film n’est confirmé, mais le réalisateur Takashi Yamazaki n’exclut pas de revenir dans cet univers.
La promesse marketing vendue autour du film tient mal debout une fois qu’il se termine. On nous parlait d’un point final, d’une histoire qui s’arrête ici. Sauf que le long-métrage fait exactement l’inverse, avec une fin ouverte tellement nette qu’elle ressemble déjà à l’amorce d’un troisième volet.
Une campagne qui promet la fin, un film qui fait l’inverse
Le contraste est assez savoureux. La promo insistait sur l’idée qu’il n’y aurait pas de troisième fois, que tout se terminerait là. Mais Godzilla Minus Zero boucle son histoire sans la fermer. Pas du tout, même.
Le film reprend deux ans après Godzilla Minus One, retrouve plusieurs visages connus et ajoute de nouveaux personnages qui font bifurquer l’intrigue. Le plus gros changement vient du côté kaiju, avec une nouvelle version de Ghidorah, ici présenté comme une espèce alien écrasée sur Terre, devenue une créature draconique après s’être mêlée à la faune locale.
Le nouveau monstre change toute l’équation
Face à lui, le Bureau de réponse aux catastrophes à grande échelle, dirigé par Kenji Noda, tente de trouver une solution avec une équipe de scientifiques. Leur première offensive rate sa cible et aggrave tout, puisque Ghidorah mute ensuite vers sa forme plus classique, avec des têtes et des queues supplémentaires.
Résultat ? Le groupe décide de réveiller Godzilla grâce à une technologie mise au point par le biologiste Kanji Murakami, capable d’attirer, voire de contrôler, le monstre. Sauf que cette stratégie repose aussi sur Noriko Shikishima, toujours marquée par sa rencontre passée avec Godzilla, avec des cellules G qui poussent hors de son corps et une mutation visible jusque dans ses yeux.
Et Murakami n’agit pas par pure bonté. Son moteur, c’est la vengeance contre les États-Unis, après la mort de sa famille à Hiroshima. Là, le film devient plus intéressant, parce qu’il ne parle pas seulement de monstres, mais aussi de l’idée très toxique de l’arme vivante.
La vraie fin prépare déjà la cavale du prochain film
Le grand affrontement voit bien Godzilla l’emporter face à Ghidorah. Combat sanglant, victoire nette, mais pas de fermeture derrière. Au contraire.
Après la bataille, l’armée des États-Unis débarque pour récupérer la technologie de Murakami et l’utiliser un jour pour militariser Godzilla. Comprenant que ce projet trahirait la mémoire de sa famille, il détruit tout avant qu’elle ne tombe entre leurs mains.
Puis Godzilla repart dans l’océan. Vivant. Libre. Et comme si ce n’était pas assez clair, Kōichi et Noriko décident de fuir avec leur fille adoptive, parce que la mutation de Noriko ferait d’elle une cible pour les États-Unis. Le film se termine donc sur une cavale, pas sur un adieu.
Takashi Yamazaki n’a rien promis, mais la porte reste ouverte
Pour l’instant, ni Toho ni Takashi Yamazaki n’ont confirmé un troisième film. Le réalisateur, désormais embarqué sur Grandgear chez Bad Robot avec J.J. Abrams et Sony Pictures Entertainment, a expliqué que ses chances de revenir étaient de cinquante-cinquante.
Il a aussi confié, et c’est loin d’être anodin : « Je suis assez satisfait et heureux de la fin actuelle. Elle laisse au public l’interprétation de ce qu’il veut en faire en sortant de la salle. Cela dit, si Godzilla Minus Zero était mon dernier film Godzilla, cela me rendrait un peu triste. À un moment de ma carrière, j’aimerais revenir à Godzilla et voir comment étendre cet univers ».
Bref, le message est limpide. Sur le papier, cette branche peut s’arrêter là. Dans les faits, l’univers est prêt pour continuer.