Il y a 15 ans, la sortie de ce film culte a marqué un tournant pour le MCU

Image d'illustration. SuperThis Is That Productions / PR-ADN
Il y a quinze ans, un film de super-héros devenu culte faisait son apparition sur les écrans. Sa sortie a marqué un tournant décisif pour l’univers cinématographique Marvel, influençant durablement la suite de la franchise.
Tl;dr
- Super a lancé la carrière de James Gunn.
- Le film a connu un succès culte via le VOD.
- Il a inspiré la nouvelle vague de films de super-héros.
Une ère pionnière pour les super-héros atypiques
À une époque où les blockbusters Marvel et DC rythment les sorties mondiales, il peut sembler étrange de rappeler qu’au début des années 2000, l’industrie du cinéma hésitait encore à investir dans le genre. Le grand public se souvenait surtout de quelques franchises solides, comme Batman, pendant que chaque studio tentait maladroitement de lancer ses propres héros, souvent avec des fortunes diverses (X-Men, Spider-Man, ou encore Daredevil). Pourtant, derrière cette vitrine mainstream, des œuvres inattendues émergeaient : certaines, à l’image du très stylisé Sin City, devenaient des succès critiques et publics. D’autres, plus confidentielles, forgeaient discrètement la suite de l’histoire.
L’étrange destin d’un justicier raté
C’est précisément dans cet interstice qu’apparaît en 2011 le film Super, réalisé par un alors quasi-inconnu nommé James Gunn. Produit pour une somme modique – à peine 2,5 millions de dollars –, le long-métrage sort dans l’indifférence générale : onze salles seulement lui ouvrent leurs portes à sa sortie. Sa diffusion limitée et son classement « non évalué » par les autorités de régulation achèvent d’enterrer toute ambition commerciale. Le box-office s’en ressent : moins de 600 000 dollars récoltés. Et pourtant…
Du fiasco en salles au triomphe numérique
Paradoxalement, c’est sur le terrain du numérique que Super trouve son public. Grâce à la distribution audacieuse d’IFC Midnight, qui décide d’en faire une tête d’affiche sur les plateformes VOD dès avril 2011 – bien avant que ce mode ne devienne la norme –, le film inverse la vapeur : il franchit rapidement la barre du million de ventes en DVD/Blu-ray et double aisément ses recettes initiales. À ce moment précis, deux évidences se dessinent :
- L’essor de la VOD s’annonce comme une révolution durable.
- James Gunn s’impose soudainement comme une figure montante du cinéma geek.
L’héritage inattendu d’un film culte
Ce succès tardif propulse directement James Gunn vers les sommets : dès 2014, il orchestre le triomphe mondial de Guardians of the Galaxy. Entre-temps, la réputation de Super, servie par les performances délirantes de Rainn Wilson, d’Elliot Page, ou encore de Kevin Bacon, ne cesse d’enfler. La comparaison avec le plus populaire (mais aujourd’hui oublié) Kick-Ass, sorti un an plus tôt, souligne même l’influence souterraine mais persistante du film sur toute une génération : briser le mythe doré des super-héros pour mieux en explorer la folie humaine. Aujourd’hui encore, Super reste incontournable pour comprendre l’ascension singulière de James Gunn et cette mutation irrévérencieuse des récits héroïques qui marque notre décennie cinématographique.
