Il y a 30 ans, un film d’action avec Kurt Russell osait un pari toujours percutant aujourd’hui

Image d'illustration. Ultime DécisionSilver Pictures / PR-ADN
Il y a trois décennies, un film d’action porté par Kurt Russell osait prendre des risques audacieux pour l’époque. Son approche novatrice et son style assumé continuent de séduire les amateurs du genre, preuve de sa modernité intacte.
Tl;dr
- Steven Seagal quitte le film « Ultime Décision » tôt.
- La mort choc de Seagal a surpris et séduit les critiques.
- Le film, pourtant salué, n’a pas explosé au box-office.
L’audace d’Ultime Décision : le choc Steven Seagal
Difficile d’évoquer les films d’action des années 1980 et 1990 sans mentionner cette époque où tout semblait possible à Hollywood. Les studios jonglaient entre productions à petit budget comme « The Exterminator », films de série B portés par des visages familiers tels que Charles Bronson, et superproductions risquées. Même les plus grandes stars s’y sont parfois cassé les dents : citons Sylvester Stallone avec « Assassins », Arnold Schwarzenegger dans « Last Action Hero » ou encore Bruce Willis avec « Last Man Standing ». Au milieu de cette effervescence, une poignée de films ont tenté de se démarquer en misant tout sur un retournement inattendu.
Une entrée fracassante, mais une stratégie risquée
Au printemps 1996, Ultime Décision arrive sur les écrans. D’apparence classique – un détournement d’avion orchestré par des terroristes tchétchènes –, le scénario signé par les frères Jim et John Thomas offre néanmoins un défi inédit : la mission consiste à rejoindre l’appareil en plein vol, via un jet furtif, pour neutraliser une bombe. À la tête de cette opération délicate, on retrouve deux noms vendeurs : Kurt Russell, incarnant un analyste militaire peu aguerri au combat, et surtout, la superstar des arts martiaux, Steven Seagal. Pourtant, la véritable surprise attend les spectateurs au cœur du film.
L’énorme twist : la disparition anticipée de Seagal
Il faut bien l’avouer : peu s’attendaient à voir la figure invincible qu’incarne habituellement Seagal disparaître dès la quarantième minute. Lorsqu’une turbulence compromet le transfert vers l’avion, son personnage se sacrifie brutalement. Exit donc le héros supposé invulnérable ; ce choix scénaristique étonne d’autant plus que sa mort était subtilement suggérée dans la bande-annonce. Malgré quelques réticences de l’acteur sur la manière d’orchestrer sa sortie – il a refusé que sa tête explose à l’écran – c’est finalement une chute vertigineuse hors du portail qui scelle son sort.
Coup de poker critique… mais succès mitigé en salles
La réception ne s’est pas fait attendre : beaucoup de critiques saluent ce parti pris audacieux (avec notamment deux pouces levés par Siskel et Ebert), tandis que le public accorde au film un solide A- selon Cinemascore. Pourtant, malgré une distribution prestigieuse composée également d’Halle Berry, Joe Morton, John Leguizamo, et sous la direction efficace du monteur renommé Stuart Baird, le box-office reste en demi-teinte avec 122 millions récoltés pour un budget de 55 millions. Il faut dire que face à « The Birdcage » qui cartonnait alors en salles, et avec un duo atypique où même la popularité de Seagal commençait à fléchir, difficile de tirer son épingle du jeu.
Pourtant, ceux qui aiment revisiter les pépites discrètes du genre pourront retrouver aujourd’hui ce thriller tendu sur Prime Video ou Apple TV ; une occasion rêvée de découvrir (ou redécouvrir) l’un des actioners les plus sous-estimés des années 90.
