Isaac Asimov et un scénariste de Star Trek : La Nouvelle Génération réunis pour une brève série policière

Image d'illustration. ProbeABC / PR-ADN
Isaac Asimov, figure emblématique de la science-fiction, a collaboré avec un scénariste de Star Trek: The Next Generation pour créer une série policière qui n’a duré que brièvement. Cette alliance inattendue a marqué les amateurs du genre.
Tl;dr
- Série « Probe » : duo de détectives atypique et scientifique.
- Co-créée par Isaac Asimov, annulée après 7 épisodes.
- Introuvable en streaming, culte pour amateurs de science-fiction.
Un OVNI télévisuel oublié des années 80
Il arrive parfois que la télévision accouche d’objets aussi fascinants qu’éphémères. C’est précisément le cas de « Probe », série américaine diffusée en 1988 sur ABC, dont la disparition rapide n’a fait que renforcer l’aura culte auprès des passionnés de science-fiction. Loin des enquêtes policières traditionnelles, ce programme alliait énigmes scientifiques et humour pince-sans-rire, porté par une équipe créative inédite : le célèbre écrivain Isaac Asimov et le scénariste Michael Wagner, brièvement producteur exécutif sur Star Trek: The Next Generation.
Duo atypique à la tête d’enquêtes très cérébrales
Au centre de l’intrigue, on retrouve un tandem inattendu : Austin James, brillant inventeur misanthrope à la mémoire photographique — incarné par Parker Stevenson — et sa secrétaire tout aussi tenace, Mickey Castle (Ashley Crow). Ce binôme rappelait la relation classique entre Sherlock Holmes et Watson, mais revue à l’ère technologique. Si Austin pouvait reconstituer le mode opératoire du crime grâce à ses compétences hors normes, Mickey se chargeait d’apporter la touche humaine et émotionnelle qui lui faisait cruellement défaut. Entre eux, les joutes verbales ne manquaient pas, créant une dynamique à la fois attachante et pleine d’humour.
Les histoires s’éloignaient franchement des sentiers battus du polar : autopsie à distance dans un réacteur nucléaire, meurtre commis – peut-être – par un singe surdoué armé… Le tout relevé d’un brin de fantaisie B-Movie assumée, témoignant d’un goût certain pour les scénarios improbables.
L’approche scientifique avant « CSI », mais sans public conquis
Bien avant l’essor des séries comme « CSI », « Probe » misait sur une investigation ultra-scientifique et pointue. Chaque épisode explorait une nouvelle énigme où l’intellect prenait le pas sur l’action pure. Autour du duo principal gravitaient notamment Jon Cypher, dans le rôle du patron dépassé de Serendip — le laboratoire think tank où se déroulaient nombre de crimes — ou encore Clive Revill, son remplaçant bien moins conciliant.
Malgré ces atouts et un ADN marqué par l’esprit spéculatif cher à Asimov, la série n’a pas réussi à convaincre le grand public. Diffusée en remplacement lors de la mi-saison sur ABC, elle s’est vue annulée au bout de sept épisodes seulement (dont un pilote de deux heures). Certains avancent que le côté asocial du héros ou la tonalité oscillant entre sérieux scientifique et délire SF a désarçonné les téléspectateurs. D’autres regrettent une intrigue trop centrée sur Serendip, rendant les enjeux difficilement universels.
Culte confidentiel… et quasi introuvable aujourd’hui
Pour les amateurs éclairés, « Probe » demeure un petit trésor caché. La série n’a connu ni rediffusions dignes de ce nom (hors une brève apparition sur Syfy ex-Sci-Fi Channel en 1990), ni sortie en VHS ou DVD. Impossible donc de la retrouver officiellement en streaming – il faudra compter sur l’ingéniosité des fans pour dénicher ses rares épisodes égarés en ligne. Mais si vous aimez la rencontre improbable entre logique implacable et fantaisie scientifique, il y a fort à parier que ce court-métrage sériel saura titiller votre curiosité… Pour peu que vous puissiez mettre la main dessus !
