Le film X-Men de Marvel Studios, prévu pour 2028, assemble bien plus que l’équipe d’origine. Et c’est sans doute sa meilleure idée.
En bref
- La nouvelle First Class ne se limitera pas aux X-Men classiques.
- Marvel veut montrer des mutants aux vécus très différents.
- Ces différences devraient créer des tensions au sein de l’équipe.
Le reboot cinématographique de la franchise X-Men prévu pour 2028 donne un signal plutôt malin. Marvel Studios ne semble pas vouloir filmer la « First Class » comme un musée vivant, avec cinq visages iconiques bien rangés et basta. Franchement, pour une franchise qui parle de rejet, d’identité et de rapports très inégaux au pouvoir, c’était la bonne décision.
La First Class, oui, mais pas en vase clos
Dernier mouvement de casting, Asa Germann jouera Warren Worthington III, alias Angel. Il avait d’abord auditionné pour Scott Summers, rôle finalement confié à Kit Connor. Scott, Warren et Jean Grey appartiennent tous aux cinq membres fondateurs dans les comics, et Sadie Sink reprendra bien Jean après Spider-Man: Brand New Day.
Du coup, pas mal de fans imaginent déjà la First Class complète, avec encore Henry McCoy, alias Beast, et Bobby Drake, alias Iceman, à annoncer.
Sauf que le film X-Men de Marvel Studos ira clairement plus loin. Lors du panel de Marvel Studios au San Diego Comic-Con, le studio a confirmé Emma Frost, Ororo Munroe, alias Storm, et Rogue, incarnées par Samara Weaving, Mara Boyd et Inde Navarrette. À leurs côtés, on trouvera aussi Professor Charles Xavier, joué par Christopher Abbott, ainsi que Mister Sinister sous les traits d’Adam Driver. Et oui, Emma ou Rogue pourraient d’abord être du côté antagoniste, comme dans leurs débuts papier.
Le vrai problème des premiers X-Men
La First Class a posé les bases mythologiques des X-Men. Mais comme seule équipe, elle a ses limites. Les premiers comics signés Stan Lee et Jack Kirby n’ont d’ailleurs jamais eu l’impact immédiat d’un Spider-Man ou des Fantastic Four.
Une raison revient souvent avec le recul, le décalage entre un discours sur la discrimination et une équipe de lycéens blancs installés dans le manoir luxueux de Xavier. La franchise a vraiment trouvé un autre souffle dans les années 1970, quand Chris Claremont a élargi le tableau avec des personnages comme Storm et plus tard Wolverine. Là, les X-Men ont commencé à mieux refléter la diversité du monde réel.
Des pouvoirs, des vécus, des fractures
Ce qui rend ce casting intéressant, c’est la variété des rapports au fait d’être mutant. Dans les premières histoires, Scott était surtout celui qui ne contrôlait jamais vraiment son pouvoir, coincé derrière sa visière ou ses lunettes. Les autres, à ce stade, pouvaient souvent passer pour humains.
Avec Rogue, Scott et Jean réunis, le film peut aller plus loin. Spider-Man: Brand New Day a montré Jean persécutée par le Department of Damage Control, qui voulait militariser sa télépathie après avoir tué sa sœur. De quoi nourrir sa solitude, sa méfiance envers les humains, et créer un terrain commun avec Scott ou Rogue, surtout si le film évoque les expériences abusives de Mister Sinister sur Scott.
Mais tout le monde n’a pas vécu ça. Storm, par exemple, a vu ses pouvoirs de vol et de météo la faire vénérer comme une déesse au Kenya. Angel, lui, a parfois été idéalisé pour son apparence angélique, parfois ciblé par des fanatiques religieux comme preuve supposée du caractère impie des mutants. Quant à Emma Frost, sa télépathie ressemble à celle de Charles Xavier, sauf qu’à ses débuts elle l’utilisait sans scrupule pour grimper socialement au sein du Hellfire Club, en cachant au public sa nature mutante.
Pourquoi ce choix compte déjà pour le MCU ?
Non, un seul film ne pourra pas couvrir toutes les nuances de la vie mutante. Mais ce line-up dit déjà l’essentiel. Marvel Studios ne prépare visiblement pas une simple équipe de super-héros bien propre, il prépare un groupe traversé par des visions opposées, des blessures, des privilèges et des colères. Pour des X-Men, c’est quand même la base.