La scénariste de génie de Persepolis a offert à Ryan Reynolds son rôle le plus marquant

Image d'illustration. The VoicesMandalay Entertainment / PR-ADN
L’auteur talentueuse de Persepolis a dirigé Ryan Reynolds dans un rôle salué comme l’un de ses plus remarquables. Cette collaboration inattendue entre la réalisatrice et l’acteur a marqué une étape importante dans la carrière du comédien canadien.
Tl;dr
- Décès de Marjane Satrapi à 56 ans.
- « The Voices », film marquant avec Ryan Reynolds.
- Réception critique mitigée, carrière influente en cinéma et BD.
Une disparition qui laisse un vide
La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre : l’écrivaine et réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi s’est éteinte à l’âge de 56 ans. C’est dans une déclaration poignante que ses proches ont révélé que la créatrice de « Persepolis » serait morte « de tristesse », marquée par la perte de son époux Mattias Ripa, survenue l’an passé. Le monde culturel perd ainsi une voix rare, oscillant sans cesse entre engagement, audace et humour noir.
D’un roman graphique culte à Hollywood
Il serait impossible d’évoquer le parcours de Satrapi sans rappeler la déflagration provoquée en 2000 par la publication de « Persepolis ». Ce roman graphique autobiographique a vite acquis une dimension internationale, propulsant son auteure au rang d’icône littéraire. Sa réputation s’est renforcée lorsqu’elle a adapté elle-même son œuvre au cinéma en 2007, donnant naissance à un film d’animation salué pour sa justesse et sa singularité. Par la suite, elle s’est illustrée dans la réalisation avec des titres comme « Poulet aux prunes », puis a franchi le pas vers Hollywood avec l’étrange et fascinant « The Voices », sorti en 2014.
« The Voices » : entre comédie noire et tragédie psychologique
Ce long-métrage déroute autant qu’il fascine. On y découvre Ryan Reynolds dans un rôle protéiforme : celui de Jerry Hickfang, employé d’usine en apparence jovial, mais rongé par la schizophrénie. Autour de lui gravite tout un univers halluciné où animaux parlants (interprétés aussi par Reynolds) et têtes décapitées deviennent les compagnons morbides du quotidien. La performance du comédien impressionne, tout comme la façon dont Satrapi parvient à insuffler de l’empathie pour ce personnage trouble sans jamais cautionner ses actes.
Pour saisir l’éventail des talents mobilisés dans ce film singulier :
- L’interprétation sensible de Gemma Arterton et Anna Kendrick, entre victimes terrifiées et visions fantasmées.
- L’implication remarquable de Jacki Weaver dans le rôle d’une psychiatre désabusée.
Critiques partagées mais influence durable
Côté réception, « The Voices » a généré des réactions contrastées : un score honorable de 74% sur Rotten Tomatoes témoigne d’un accueil globalement positif. Certains critiques, tel Brian Tallerico (RogerEbert.com), ont salué « l’exploration du versant sombre derrière les apparences joviales » menée par Satrapi, ainsi que la sincérité du jeu offert par Reynolds. D’autres, à l’image d’A.O. Scott (The New York Times), se sont montrés plus sceptiques face à ce mélange déroutant entre horreur et comédie.
Après ce film audacieux, la réalisatrice poursuivra avec « Radioactive », biopic consacré à Marie Curie, toujours guidée par le souci d’offrir un regard nuancé sur ses sujets. Avec la disparition prématurée de cette artiste inclassable, c’est toute une génération qui perd une source d’inspiration inestimable.
