L’avant-dernier épisode de Lanterns resserre enfin son mystère autour de Sinestro. Et l’enjeu dépasse clairement la série HBO.
En bref
- Sinestro émerge comme menace centrale de Lanterns
- La série sème la piste de Sinestro Corps War
- Le futur du DCU reste pourtant très ouvert
Ce qui se joue dans Lanterns dépasse visiblement son simple polar cosmique. À un épisode de la fin, la série de HBO semble désigner son vrai moteur dramatique, et si vous suivez un peu les comics, le nom n’a rien d’un choc. Mais son arrivée change l’échelle du problème.
Le mystère cosmique a enfin un visage
Spoilers, quand même. Dans l’avant-dernier épisode, John Stewart, accompagné d’une copie IA de la conscience de Hal Jordan stockée dans son anneau, traverse un portail grâce au trou de ver portable de Hal. Ils arrivent sur une planète alien sans nom que John reconnaît aussitôt, c’est le monde d’origine du peuple aujourd’hui éteint auquel appartenaient les soldats d’Antaan.
John raconte alors qu’Antaan lui a montré par télépathie comment les Manhunters ont utilisé un gaz de peur pour pousser cette civilisation à s’autodétruire. Après avoir subi lui-même ses effets, puis avancé avec le « Halogramme », il finit face à Thaal Sinestro, ancien membre déchu du Green Lantern Corps, mentor de Hal et évadé récent de la prison intergalactique du Corps.
Pourquoi les fans pensent déjà à Sinestro Corps War
Le lien est assez direct. Sinestro est historiquement associé à un autre anneau, jaune celui-là, alimenté non par la volonté, mais par la peur. Or la série insiste sur ce thème, et la bande-annonce du final aussi.
Dans les comics, Sinestro a fini par bâtir son propre corps de Lanterns, persuadé que la peur était le meilleur outil pour imposer l’ordre dans la galaxie. Cette idée mène au crossover de 2007, Sinestro Corps War, l’un des récits les plus populaires de la mythologie Green Lantern. Un seul épisode n’y suffirait évidemment pas. Du coup, l’hypothèse la plus logique, c’est une mise en place plus large pour le DCU live action.
Hal, la peur et l’ombre de Parallax
Là où Lanterns devient intéressante, c’est qu’elle reprend une lecture plus moderne des héros. Les vieux récits imaginaient des Green Lanterns sans peur. Le run de Geoff Johns, lancé avec Green Lantern: Rebirth, a cassé ça en montrant qu’il faut plutôt reconnaître sa peur, l’accepter, puis la dépasser.
La série critique justement les Gardiens de l’Univers pour leur exigence absurde d’absence totale de peur, et elle montre ce que cette vision a coûté à Hal comme à John. Les fans relèvent aussi d’autres échos, le corps de Hal dans son cercueil ouvert, sa quête de rédemption dans l’intrigue située en 2026, et même la théorie d’un retour sous la forme de Parallax. Certains vont plus loin encore, en reliant la capacité inhabituelle de John à maintenir des constructions d’énergie verte sans anneau à une possible version d’Ion.
Un futur DCU plus flou qu’il n’en a l’air
Le problème, c’est que Sinestro Corps War n’est pas une petite histoire annexe. Dans les comics, elle déborde largement des séries Green Lantern et implique d’autres héros, comme Superman. Et ce serait cohérent avec la première phase du nouvel univers, Gods and Monsters, déjà marquée par la peur des aliens et des surhumains.
James Gunn et Peter Safran avaient d’ailleurs présenté Lanterns comme une pièce importante de l’arc global. Sauf que, depuis, plusieurs projets annoncés en 2023 ont été retardés ou mis de côté. Et la suite de Superman, Man of Tomorrow, ressemble déjà à un gros crossover spatial avec Lex Luthor, John Stewart, Supergirl et Brainiac. Enchaîner ensuite avec une autre guerre cosmique pourrait faire répétition. Bref, Lanterns pose peut-être le premier grand méchant du DCU, mais pas forcément la trajectoire finale de cet univers.