Blake Crouch, derrière Dark Matter, met en avant Aurora de David Koepp. Un conseil qui dit aussi beaucoup de la SF anxieuse du moment.
En bref
- Blake Crouch recommande Aurora.
- Le roman imagine un blackout planétaire.
- David Koepp prolonge une vieille obsession.
Ce n’est pas juste une suggestion de lecture entre deux interviews. Quand Blake Crouch, le créateur de Dark Matter, conseille Aurora aux lecteurs, il désigne un thriller qui parle exactement à l’air du temps, entre science ignorée, dépendance technologique et angoisse très concrète de l’effondrement.
Une recommandation qui dépasse le simple coup de cœur
En 2025, interrogé par BookBub sur ses lectures récentes, Blake Crouch a cité Chosen Ones de Veronica Roth, Project Hail Mary d’Andy Weir et Exhalation de Ted Chiang, l’auteur de la nouvelle qui a inspiré Arrival. Mais c’est bien Aurora, signé David Koepp, qui ressort.
Le choix n’est pas anodin. Blake Crouch reste l’un des noms les plus installés de la SF grand public, avec Upgrade, Recursion et surtout Dark Matter, adaptation de son roman de 2016. La série d’Apple TV+, portée par Joel Edgerton, Jennifer Connelly et Oakes Fegley, suit un professeur de physique remplacé par une version alternative de lui-même venue d’un autre monde. Et la saison 2 est déjà calée au 28 août 2026.
Pourquoi Aurora peut parler aux fans de Jurassic Park
Si le nom de David Koepp vous dit quelque chose, c’est normal. On parle du scénariste de Jurassic Park, mais aussi de Mission: Impossible, Spider-Man, Panic Room, Zathura: A Space Adventure, Kimi, Angels et Demons, Inferno ou encore The Lost World: Jurassic Park. Côté romans, il n’en a publié que deux, Cold Storage en 2019 puis Aurora en 2022.
Blake Crouch en parle avec un vrai enthousiasme. Il estime qu’avec ce livre, David Koepp s’impose parmi les meilleurs auteurs de thriller actuels, grâce à un concept fort, des personnages auxquels on s’attache et un rythme très rapide. Le point de départ est simple, et franchement redoutable. Une immense tempête géomagnétique frappe la Terre et coupe presque tous les réseaux électriques de la planète, alors même que des scientifiques avaient prévenu du risque.
Après ça, le roman suit deux trajectoires. D’un côté, un milliardaire persuadé que la catastrophe ne peut pas vraiment l’atteindre. De l’autre, sa sœur, moins riche et beaucoup plus préoccupée par des choses basiques, l’eau et la nourriture.
Le vrai sujet, c’est notre dépendance à l’électricité
Ce thème du blackout n’arrive pas de nulle part chez David Koepp. Dès 1996, il l’explorait déjà avec The Trigger Effect, son premier film comme scénariste-réalisateur, avec Elisabeth Shue, Kyle MacLachlan et Dermot Mulroney. L’idée, déjà, était celle d’une société qui se fissure très vite quand le courant disparaît.
Le film avait reçu des critiques correctes, avec 72 sur 100 côté presse sur Rotten Tomatoes, sans vraiment exister au box-office. Mais l’obsession, elle, est restée. Vingt-six ans plus tard, David Koepp y est revenu par le roman, avec plus d’ampleur et moins de contraintes budgétaires.
Et c’est là que Aurora touche juste. Kirkus saluait son tempo et son intrigue, en y voyant un thriller très post-Covid, où ceux qui dirigent pensent tout contrôler puis bloquent face aux mesures utiles, tandis que des responsables anti-science aggravent le désastre. Un détail, quand même, relie aussi ce livre à Dark Matter de façon presque intime. Le roman de Blake Crouch se déroule à Chicago, Aurora dans sa banlieue. Même territoire, autre cauchemar. Et on voit bien pourquoi ce genre d’histoire continue de coller à notre époque.