Bien avant Tom Hardy, un film Venom écrit par David S. Goyer a failli sortir à la fin des années 1990. Et l’effet domino aurait pu être énorme.
En bref
- En 1997, un film Venom était en préparation chez New Line Cinema.
- Son scénario proposait une version inattendue du personnage, avec Carnage en antagoniste principal.
- Ce projet abandonné aurait peut-être changé l’histoire des adaptations Marvel.
Un Venom au cinéma avant Spider-Man, ce n’est pas un délire de forum. Ça a vraiment failli arriver. Et si New Line Cinema avait dit oui au script de David S. Goyer en 1997, l’histoire de Marvel sur grand écran aurait pris une autre tête.
Quand Venom pouvait doubler tout le monde
À la fin des années 1990, Marvel n’était pas encore la machine culturelle qu’on connaît. Le vrai basculement arrive plus tard, avec Blade en 1998, puis X-Men en 2000, avant le carton nucléaire de Spider-Man en 2002. C’est ce calendrier-là qui a installé les super-héros comme autre chose qu’une mode passagère.
Du coup, imaginer Venom débarquer en 1998 ou 1999, c’est vertigineux. Un hit, et la stratégie cinéma de Marvel changeait peut-être plus tôt. Un flop, et l’effet inverse n’aurait rien eu d’impossible. Pas de réponse définitive, évidemment. Mais l’enjeu industriel est énorme.
Un script très « nineties » sans Spider-Man
Le plus fou, c’est le contenu de cette version. Le script complet, daté de février 1997 et diffusé en ligne au fil des années, ne faisait même pas apparaître Spider-Man. À la place, on suivait un certain Eddy Brock, pas Eddie, journaliste au Daily Weekly, pas au Daily Bugle.
Et ce n’est pas fini. Le symbiote venait d’une planète peuplée d’araignées géantes, histoire de justifier le côté arachnéen du personnage. Très « nineties », clairement. Le grand méchant était Cletus Kasady, alias Carnage, présenté comme un ancien orphelin lié à Eddy Brock depuis l’enfance. Dolph Lundgren aurait même été envisagé pour le rôle-titre.
Reste une question simple. Avec les effets visuels de 1997, est-ce que ce film aurait été crédible à l’écran ? Après l’exemple de Spawn, souvent cité pour son exécution technique limitée, on comprend pourquoi le studio a pu hésiter.
Le casse-tête des droits Marvel derrière le projet
Si vous vous demandez comment un film Venom pouvait partir sans Spider-Man, la réponse tient en deux mots, les droits. Dans les années 1990, Marvel, en grande difficulté financière et passée par la faillite en 1996, a cédé des licences un peu partout à Hollywood.
C’est comme ça que Sony Pictures Entertainment a récupéré Spider-Man, tandis que New Line Cinema contrôlait Venom. Plus tard, ces droits spécifiques finiront aussi chez Sony, ce qui ouvrira la porte à Spider-Man 3 avec Topher Grace, puis à la trilogie menée par Tom Hardy entre 2018 et 2024. Trois films pas vraiment chéris par la critique, tous classés « rotten » sur Rotten Tomatoes, mais solides au box-office.
Pourquoi ce non-film compte encore aujourd’hui ?
Ce projet raté pèse aussi dans la carrière de David S. Goyer. Avant de marquer DC avec Batman Begins, The Dark Knight, Man of Steel ou encore Batman v Superman: Dawn of Justice, il était déjà lié à Marvel via Blade, Blade II et Blade: Trinity.
Bon, un film annulé ne réécrit pas magiquement l’histoire. Mais celui-là touche à quelque chose de rare, un point de bascule. S’il avait existé, Goyer aurait peut-être poursuivi davantage chez Marvel. Ou pas du tout. Une certitude, quand même, ce Venom fantôme reste une anomalie fascinante. Et pendant que cette vieille bifurcation continue d’obséder les fans, Spider-Man: Brand New Day est toujours attendu en salles le 31 juillet 2026.