Les Affranchis : le sommet du cinéma de gangsters

Les Affranchis
Image d'illustration. Les Affranchis — Warner Bros. Pictures / PR-ADN

Trente-six ans après sa sortie, Les Affranchis reste la référence du film de mafia moderne. Et même Scorsese n’a jamais vraiment fait mieux.

En bref

  • Sorti en 1990, Les Affranchis a profondément marqué le cinéma de gangsters.
  • Son style a influencé des films, des séries et notamment Les Soprano.
  • Malgré d’autres grands films de Martin Scorsese, il reste une référence majeure du genre.

Il y a des films qu’on admire, et d’autres qui contaminent tout ce qui vient après. Les Affranchis, sorti le 19 septembre 1990, appartient clairement à la deuxième catégorie. Trente-six ans plus tard, le long-métrage de Martin Scorsese reste ce mètre étalon un peu agaçant pour le reste du genre, parce qu’il a placé la barre très haut.

Un film qui a redessiné tout le « crime movie »

À sa sortie, le film Les Affranchis n’a pas explosé le box-office. Il a rapporté 47,1 millions de dollars pour un budget de 25 millions de dollars. Correct, pas triomphal.

Mais la vraie victoire s’est jouée ailleurs, dans l’empreinte laissée sur le cinéma criminel moderne. Le fameux plan-séquence du Copacabana a nourri des séquences devenues cultes dans Pulp Fiction ou Boogie Nights. Et l’influence va encore plus loin, puisque HBO et Les Soprano ont largement puisé dans cette énergie-là. Pas mal pour un film qui, au départ, n’était qu’un succès mesuré.

Avant lui, le genre avait déjà connu une drôle de traversée

Le film de gangsters ne sortait pas de nulle part. Dans les années 1930, The Public Enemy puis Scarface avaient déjà imposé le genre, autant par leur qualité que par la polémique qu’ils traînaient derrière eux.

Puis le Hays Code est arrivé et a sérieusement freiné la machine. Entre les règles sur la punition du crime et l’interdiction de trop faire aimer les criminels, raconter la mafia devenait tout de suite plus compliqué. Son abandon en 1968 a relancé le genre, avec The French Connection, Le Parrain et Mean Streets.

Pourquoi Martin Scorsese y est revenu ?

Ce qui est intéressant, c’est que Martin Scorsese n’avait pas spécialement envie d’enchaîner les films de mafia après Mean Streets. Le déclic est venu au milieu des années 1980, quand il a découvert Wiseguy, le livre du journaliste criminel Nicholas Pileggi.

Là, il tient son angle, montrer pourquoi cette vie attire autant. Après The Last Temptation of Christ, il se lance donc dans ce qui deviendra son film le plus iconique. On y suit Henry Hill, happé par le style de vie gangster puis coincé entre sa trajectoire criminelle et sa vie personnelle, avec autour de lui Ray Liotta, Robert De Niro, Joe Pesci, Lorraine Bracco et Frank Vincent.

Même ses autres sommets n’ont pas repris cette avance

Bon, Martin Scorsese a refait du grand cinéma criminel après ça. Casino, en 1995, fonctionne presque comme le miroir de Les Affranchis, avec un regard plus ample sur le crime organisé à Las Vegas. Le film est excellent, mais son ampleur ne compense pas la nervosité presque toxique de Les Affranchis.

Même constat pour The Irishman, sorti en 2019. Techniquement ambitieux, narrativement solide, thématiquement très riche, oui. Mais moins électrique. Et quand Martin Scorsese s’éloigne de cette formule, avec The Departed ou The Wolf of Wall Street, il signe encore de gros morceaux de cinéma sans retrouver cette perfection de rythme, de style et de chaos. Résultat ? Les Affranchis reste au sommet.

CodexZéro

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