Lost vu par George R. R. Martin : la critique qui résonne encore

Image d'illustration. LostABC / PR-ADN
L’auteur de Game of Thrones estime que le final de Lost n’a jamais récompensé les attentes des fans.
Tl;dr
- Les séries et romans au long cours montrent qu’il est souvent difficile de prévoir une fin satisfaisante dès le départ.
- Le final de Lost a divisé le public, malgré les ambitions narratives de Damon Lindelof et son équipe.
- Même George R. R. Martin, critique de cette conclusion, peine encore à terminer sa propre saga A Song of Ice and Fire face aux énormes attentes des fans.
Des fins difficiles à écrire, même pour les plus grands
L’art de la narration longue, roman-fleuve ou série à rebondissements, soulève une question presque existentielle : faut-il absolument connaître la fin avant de se lancer ? Pour certains écrivains, avoir un point d’arrivée précis ou même une idée floue du dénouement retire le plaisir et la fraîcheur de l’écriture. D’autres, en revanche, estiment qu’il vaut mieux anticiper la conclusion, surtout lorsqu’il s’agit d’embarquer des millions de lecteurs ou spectateurs dans une aventure au long cours.
Une série culte… à la fin contestée
Prenons l’exemple emblématique de Lost. Portée par l’inventivité de Damon Lindelof et son équipe, cette série a marqué une génération grâce à ses mystères et rebondissements incessants. Or, après six saisons émaillées d’intrigues secondaires et d’impasses scénaristiques, le final très sobre, Jack expirant sur la plage auprès du chien, a laissé un goût amer à bon nombre de fidèles. « On regardait chaque épisode en espérant que ça paierait à la fin. J’ai eu l’impression d’être floué », a confié George R.R. Martin au New Yorker en 2011.
L’ombre pesante des attentes du public
D’ailleurs, même lorsque les créateurs assurent avoir toujours su où ils allaient, Damien Lindelof ayant révélé que le dernier plan était envisagé dès le départ, l’expansion imprévue d’une œuvre peut tout bouleverser. L’appétit du public comme celui des diffuseurs pousse parfois à « étirer » artificiellement l’intrigue. Les scénaristes doivent alors composer avec des fils narratifs qui se multiplient et, souvent, s’égarent.
À ce sujet, un auteur aguerri tel que George R.R. Martin n’est pas en reste :
- Lui-même, critique virulent du final de Lost, peine toujours à clore sa propre saga, A Song of Ice and Fire.
- L’attente interminable du dernier tome fait désormais partie intégrante du mythe autour de son œuvre.
Le défi ultime des conteurs modernes
Finalement, qu’ils écrivent seuls ou entourés d’une équipe brillante, les romanciers comme les showrunners doivent faire face au défi redoutable de la conclusion satisfaisante. Le public actuel ne pardonne rien : trop d’attente ou une fin mal négociée peuvent ruiner un héritage narratif entier. Pourtant, on serait tenté de dire, avec une pointe de fatalisme journalistique, que parvenir au bout du voyage relève déjà de l’exploit…
