En 1998, Blade a offert à Marvel son premier vrai carton au cinéma. Vingt-huit ans plus tard, le studio n’a toujours pas réussi à relancer son héros.
En bref
- Blade a sauvé Marvel à Hollywood en 1998 et est devenu un succès majeur malgré les risques.
- Son style sombre et son héros noir en ont fait un film pionnier dans l’histoire de Marvel.
- Le reboot avec Mahershala Ali s’enlise depuis des années, un échec embarrassant pour Marvel.
Le plus ironique dans l’histoire, c’est que Marvel doit une partie de sa crédibilité au cinéma à Blade, mais n’arrive toujours pas à le ramener proprement dans le MCU. Et ça, pour un studio qui adore transformer chaque personnage en franchise, ça fait tache.
Le film qui a prouvé que Marvel pouvait encore gagner
Quand Blade sort le 21 août 1998, rien ne pousse à l’optimisme. Marvel sort d’une faillite sous Chapter 11, a déjà cédé les droits de Spider-Man et des X-Men, et accepte pour Blade une simple licence fixe de 25.000 dollars. L’ambiance côté super-héros n’est pas meilleure, après le crash critique de Batman et Robin et le souvenir toxique de Howard the Duck.
Résultat ? Un film classé R, centré sur un chasseur de vampires assez obscur, devient le premier vrai carton cinéma de Marvel. Réalisé par Stephen Norrington sur un script de David S. Goyer, le long-métrage démarre directement en tête du box-office, devant Saving Private Ryan, et y reste deux week-ends. Pour un budget de 45 millions de dollars, il finit à 131,2 millions dans le monde. Pas mal pour un pari que presque tout condamnait d’avance.
Un style à part, et une vraie trace dans l’histoire Marvel
Le film doit beaucoup à Wesley Snipes, évidemment. Son Eric Brooks, moitié humain moitié vampire, affronte Deacon Frost, joué par Stephen Dorff, pendant que Whistler, incarné par Kris Kristofferson, lui fournit armes, entraînement et boussole morale.
Mais il y a plus. Blade troque le spandex flashy contre le cuir noir, les katanas et une BO techno qui sent la fin des années 1990 à plein nez. Le film préfère la rugosité au grand spectacle, et ce choix reste encore aujourd’hui sa meilleure idée. Il aura même une trilogie, avec Blade II en 2002 puis Blade: Trinity en 2004, pour un total mondial au-delà de 418 millions de dollars.
Et son héritage dépasse le box-office. C’est le premier film Marvel sorti en salles aux États-Unis avec un héros noir en tête d’affiche, bien avant Black Panther. C’est aussi le premier projet Marvel classé R à sortir au cinéma là-bas. Même l’idée du Daywalker, absente des comics d’origine de Marv Wolfman et Gene Colan, a fini par être réintégrée ensuite dans les BD.
Le reboot du MCU s’est enlisé, et ça devient gênant
Puis arrive le grand raté. Marvel Studios annonce Mahershala Ali en 2019. Depuis, le projet a avalé au moins trois réalisateurs, plus de cinq scénaristes crédités et plusieurs dates de sortie, avant d’être retiré discrètement du calendrier en 2024.
Ali a fini par lâcher qu’avec la volonté du studio, le film aurait déjà été fait, après plus d’un an d’entraînement et des plans créatifs remaniés autour du rôle. Même Kevin Feige a reconnu s’être senti comme « un énorme perdant et un échec » sur ce dossier. Bon, à ce niveau, l’aveu suffit.
Le plus cruel, c’est que Deadpool et Wolverine a ramené Wesley Snipes pour un caméo en 2024, avec une vanne sur le fait qu’il serait le seul Blade. Deux ans plus tard, la blague ressemble surtout à un diagnostic. Pendant ce temps, Marvel développe son coin surnaturel avec Moon Knight, Werewolf by Night et un film Ghost Rider prévu pour 2028 avec Ryan Gosling. Et Blade, lui, reste à la porte. Franchement, pour un personnage aussi décisif dans l’histoire du studio, c’est une faute.