Netflix tient un hit d’horreur avec Alas Roban, malgré des réserves

Alas RobanNetflix / PR-ADN
Le film paranormal indonésien Alas Roban grimpe à la 3e place mondiale sur Netflix. Un vrai succès d’audience, avec des critiques plus partagées.
En bref
- Alas Roban grimpe au Top 10 mondial
- Le décor indonésien fait une vraie différence
- Les critiques restent pourtant très partagées
Le plus intéressant avec Alas Roban, ce n’est pas seulement qu’il marche. C’est qu’il marche alors que les premiers avis ne sont pas franchement euphoriques. Sur Netflix, le film d’horreur mystique a quand même trouvé son public, avec plus de 1,5 million de vues, presque 2 millions sur la semaine, et une 3e place au classement mondial des contenus les plus vus.
Un carton rapide, mais pas un triomphe critique
On a donc un vrai succès d’audience. Pas un phénomène total, mais clairement un titre qui perce vite. Et pour un film d’horreur paranormal venu d’Indonésie, ce n’est pas anodin du tout sur une plateforme où la concurrence change chaque semaine.
En face, les retours du public sont plus tièdes. Les spectateurs jugent l’idée de départ plutôt solide, le jeu d’acteur meilleur qu’attendu, mais ils pointent aussi un problème central, la relation entre la mère et la fille ne convainc pas assez. Résultat, l’ancrage émotionnel du film prend moins bien qu’espéré.
Une forêt, une route hantée, et un duo mère-fille sous tension
Au centre du récit, il y a Sita, mère célibataire et infirmière, qui traverse une route hantée avec sa fille malvoyante, Gendis. Le voyage passe par la forêt d’Alas Roban, un lieu associé depuis longtemps à des histoires de hantises et de phénomènes surnaturels. Pour un film de fantômes, le cadre est presque trop évident, mais il fonctionne.
Et c’est là que le film attrape vraiment le regard. Gendis commence à développer une sorte de second regard, une perception terrifiante qui lui fait voir des visions glaçantes. Sur le papier, c’est une très bonne idée. À l’écran aussi, par moments, parce que le décor sombre de cette forêt dense donne au film une vraie identité visuelle.
Le retour du film de fantômes, avec de vraies limites
Ces dernières années, l’horreur a beaucoup regardé du côté des créatures, des vampires ou des récits de vengeance. Alas Roban prend une autre route et ramène le film de fantômes au premier plan, avec en plus un usage du folklore indonésien qui change des codes les plus vus. Franchement, ce choix-là est plutôt bien senti.
Mais tout ne suit pas. Plusieurs spectateurs trouvent le récit confus, pas dans le bon sens du terme, plutôt au point de casser l’implication. Certaines scènes s’étirent, tandis que des moments importants paraissent expédiés ou mal expliqués. La bande-son, elle aussi, revient souvent dans les critiques, avec une musique jugée décalée par rapport à l’ambiance.
Reste un film capable de faire peur pour de bon, et ce n’est déjà pas rien. Si Netflix continue à pousser ce type d’horreur locale à l’international, on tient peut-être quelque chose de plus large qu’un simple hit de semaine, une circulation plus visible des imaginaires de genre hors des circuits habituels.
