Obsession dépasse L’Exorciste et secoue tout le modèle Hollywood

Obsession
Image d'illustration. Obsession — Universal Pictures / PR-ADN

Avec 234 millions de dollars aux États-Unis, Obsession dépasse L’Exorciste. Un exploit énorme, et un signal très clair pour Hollywood.

En bref

  • Obsession devient un véritable succès surprise malgré son très petit budget.
  • Il progresse au box-office et reste en salle face aux gros films.
  • Obsession relance les critiques sur le partage des revenus à Hollywood.

Le cap est énorme. Avec 233,9 millions de dollars récoltés aux États-Unis après son septième week-end, Obsession vient de dépasser les 233 millions de dollars du total mondial de L’Exorciste, le classique de 1973 qu’on cite sans arrêt parmi les plus grands films d’horreur de l’histoire. Ce n’est pas juste un bon score, c’est un petit séisme pour le genre.

Le vieux roi de l’horreur vient de tomber

Réalisé par Curry Barker, Obsession n’avait franchement pas le profil du mastodonte. Le film a été produit pour seulement 750.000 dollars puis porté par un bouche-à-oreille massif et une proposition psychologique jugée très originale. Sept semaines après sa sortie, il tient encore les multiplexes, gagne même des salles, et résiste à des blockbusters de studio autrement plus armés.

Dans le classement horreur aux États-Unis, Obsession pointe désormais à la quatrième place. Devant lui, il reste notamment Jaws, troisième avec 273,6 millions de dollars. Et là, clairement, le palier semble beaucoup plus compliqué à aller chercher.

À l’international, la course n’est pas finie

Si vous regardez le box-office mondial, le tableau change un peu. L’Exorciste garde la dixième place avec 430,8 millions de dollars quand Obsession monte à 370,1 millions de dollars ce qui le place seizième.

Mais il reste une petite bataille à jouer avant la fin de l’exploitation. Obsession peut encore dépasser Sinners de Ryan Coogler, crédité à 370,9 millions de dollars. Après ça, il faudrait viser Prometheus et ses 403,3 millions de dollars. Là, on entre dans le domaine du gros pari.

Le vrai message, c’est l’échec du cinéma sous comité

Le plus intéressant n’est même pas le chiffre brut. C’est ce qu’il raconte sur l’état de Hollywood. Avec moins d’un million de dollars en caisse, l’équipe a visiblement gagné ce que les productions gonflées perdent souvent, de la liberté. Pas de pression studio écrasante, pas de marketing délirant à rentabiliser, donc la place pour un rythme inhabituel et un ton dérangeant.

Et le public a suivi. Mauvaise nouvelle pour les franchises recyclées à prix premium, quand on voit aussi les résultats jugés décevants de The Mandalorian and Grogu, Masters of the Universe et plus récemment Supergirl. Bref, l’idée que les spectateurs ne veulent que de l’IP ultra-connue prend encore un coup.

Un carton historique, mais pas pour tout le monde

Le film met aussi en lumière une vraie faille du système. Sur un micro-budget, la majorité du casting et de l’équipe technique touche des forfaits modestes au départ, sans part indexée sur l’explosion du box-office.

Pendant ce temps, des révélations récentes indiquent que le producteur exécutif Jason Blum doit recevoir un bonus de 17 millions de dollars lié aux recettes d’Obsession. Une somme des dizaines de fois supérieure au budget initial, et plus de 22 fois la rémunération cumulée de toutes les personnes ayant travaillé sur le film. Le succès est magnifique. Sa répartition, beaucoup moins.

CodexZéro

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