Paramount+ : Cette série d’espionnage portée par Kiefer Sutherland méritait une seconde chance

Image d'illustration. Rabbit HoleParamount / PR-ADN
Malgré un accueil prometteur et l’engagement de Kiefer Sutherland dans une série d’espionnage ambitieuse diffusée sur Paramount+, la plateforme a choisi d’interrompre prématurément cette production qui semblait pourtant disposer de tous les ingrédients pour séduire les amateurs du genre.
Tl;dr
- « Rabbit Hole » annulée après une unique saison.
- Kiefer Sutherland brille dans un thriller d’espionnage complexe.
- Thèmes de surveillance et manipulation à peine effleurés.
Une série ambitieuse stoppée net
Lorsque Paramount+ a décidé de ne pas renouveler « Rabbit Hole », la déception fut palpable parmi ses admirateurs. Porté par un Kiefer Sutherland particulièrement inspiré, le thriller d’espionnage n’aura donc connu qu’une unique saison, laissant derrière lui un goût d’inachevé. Et pour cause : la série, tout en surfant habilement sur la nostalgie du mythique « 24 », s’en démarquait par des rebondissements inattendus et une exploration de thèmes contemporains que l’on aurait aimé voir approfondis.
L’héritage de Jack Bauer revisité
Impossible d’évoquer « Rabbit Hole » sans penser à l’ombre portée par Kiefer Sutherland, indissociable du rôle culte de Jack Bauer. Mais ici, l’acteur troque la veste de sauveur du monde contre celle, plus ambiguë, de John Weir, espion d’entreprise rongé par ses propres secrets. Dès les premières minutes, Weir se confesse à un prêtre – aveu qui sonne comme un écho à sa vie faite de manipulations et d’accusations de meurtre. Un point commun subsiste toutefois : ce héros solitaire affronte une machination qui le dépasse, mais où l’urgence collective fait place à des enjeux bien plus personnels.
Un récit labyrinthique et des personnages marquants
Là où « 24 » usait du compte-à-rebours comme ressort dramatique, « Rabbit Hole » choisit la complexité narrative. Chaque épisode entraîne le spectateur dans une spirale de mensonges et de faux-semblants ; difficile parfois de ne pas s’exclamer : « C’est quoi ce retournement ? ». Ce chaos scénaristique est soutenu par une distribution remarquable : Sutherland y impose sa patte entre brutalité et vulnérabilité, tandis que Meta Golding, dans le rôle mystérieux d’Hailey, insuffle une énergie inattendue. À leurs côtés, Charles Dance, dans la peau du père supposément disparu, ajoute une touche supplémentaire d’ambiguïté familiale.
Voici ce que « Rabbit Hole » proposait de singulier :
- Espionnage contemporain : Entre manipulations corporatistes et complots sophistiqués.
- Sujets sociétaux : Surveillance généralisée et usage discutable des données privées.
- Dynamique imprévisible : Les alliances comme les trahisons ne cessent jamais de surprendre.
L’art du twist et regrets persistants
La série aborde sans détour la question épineuse de l’exploitation des données à l’ère numérique – une thématique brûlante que les scénaristes effleurent, mais n’approfondissent jamais vraiment faute de temps. Reste cette sensation paradoxale : celle d’un potentiel immense brusquement interrompu. Car malgré ses excès ou certaines invraisemblances narratives assumées jusqu’au bout, « Rabbit Hole » aura su faire vibrer un suspense aussi contemporain qu’efficace – et rappeler pourquoi Kiefer Sutherland demeure une figure incontournable du genre.
