Pluribus : Le personnage de Rhea Seehorn rappelle l’univers cauchemardesque d’un récit de Stephen King

Image d'illustration. PluribusSony Pictures Television / PR-ADN
Dans Pluribus, Rhea Seehorn incarne un personnage qui rappelle l’atmosphère inquiétante des récits de Stephen King, avec une tension et des éléments horrifiques qui semblent tout droit sortis de l’univers du maître du suspense.
Tl;dr
- « Pluribus » : héroïne atypique, loin de Walter White
- Clin d’œil à « Misery » et toxicité des fans
- Série disponible sur Apple TV tous les vendredis
Un nouvel anti-modèle chez Vince Gilligan
Après avoir marqué les esprits avec la figure trouble de Walter White, le créateur de Breaking Bad, Vince Gilligan, revient avec une proposition radicalement différente. Dans sa nouvelle série de science-fiction, baptisée « Pluribus » et diffusée sur Apple TV, il confie le premier rôle à Rhea Seehorn, déjà remarquée pour son interprétation de Kim Wexler dans Better Call Saul. Loin du mythe de l’anti-héros, la comédienne incarne ici une figure aussi singulière qu’attachante : Carol Sturka.
L’héroïne face à la solitude collective
Dans un monde frappé par un virus extraterrestre, l’humanité n’est plus que l’ombre d’elle-même : contaminés, les hommes vivent désormais dans une forme d’euphorie collective et permanente, sorte de ruche humaine où tout le monde arbore un sourire mécanique. Seule rescapée du phénomène, Carol porte le poids d’une solitude abyssale — « la personne la plus malheureuse au monde », selon le synopsis officiel. Cette prémisse donne immédiatement le ton : pas question ici de sombrer dans la noirceur autodestructrice façon Heisenberg, mais bien d’explorer un autre rapport à l’héroïsme.
Littérature populaire et poids du succès : l’ombre portée de « Misery »
Ce portrait de romancière désabusée fait inévitablement penser à Paul Sheldon, héros du roman culte « Misery » signé Stephen King. Lui aussi auteur à succès (mais malheureux), il reste prisonnier d’une saga romantique dont les fans réclament la perpétuation envers et contre tout. Dès l’ouverture, on retrouve chez Carol ce malaise latent : lors d’une séance de dédicace pour sa saga historique « Wycaro », elle affiche un sourire forcé — le même que celui qui orne l’affiche promotionnelle. D’ailleurs, lorsqu’on lui demande si elle est célèbre, elle répond non sans ironie : « Êtes-vous fan de nullités sans âme ? ». La scène n’est pas sans rappeler la lassitude croissante des créateurs face aux exigences parfois démesurées de leur public.
Pour rendre ce parallèle encore plus évident :
- Lassitude face aux attentes des fans obsessionnels
- Difficulté à s’émanciper d’un succès passé
- Métadiscours sur la création artistique sous pression
Nouveaux horizons pour Gilligan et son public
Tout compte fait, on devine chez Gilligan une volonté manifeste de tourner la page sans renier son héritage. Quand certains réclament déjà une nouvelle série dérivée centrée sur Gus Fring ou autres figures cultes du « Gilligan-verse », lui préfère ouvrir un nouveau chapitre : « Je sais que Breaking Bad sera inscrit sur ma tombe ». Autant dire qu’avec « Pluribus », il invite spectateurs et critiques à oser un regard neuf — bien loin de l’intransigeance obsessionnelle incarnée par Annie Wilkes. La série est disponible en exclusivité sur Apple TV, chaque vendredi.
