Pour Stephen King, ce film d’horreur de 2024 touche au sommet

The Rule of Jenny Pen
The Rule of Jenny Pen — Light in the Dark Productions / PR-ADN

Peu vu aux États-Unis, The Rule of Jenny Pen a pourtant marqué Stephen King, qui le range déjà parmi les meilleurs films du XXIe siècle.

En bref

  • Stephen King adore ce film d’horreur méconnu
  • Le film se déroule dans une maison de retraite
  • John Lithgow y incarne un bourreau glaçant

Il y a des compliments qui changent la place d’un film dans la conversation. Quand Stephen King classe The Rule of Jenny Pen parmi les meilleurs films du XXIe siècle dans un sondage 2025 du New York Times, il ne parle pas d’un mastodonte déjà canonisé. Il parle d’un film d’horreur de 2024 que pas mal de monde n’a tout simplement pas vu.

Un choix qui détonne dans une liste de géants

Le contraste saute aux yeux. Autour de The Rule of Jenny Pen, Stephen King cite des titres comme No Country for Old Men, Oppenheimer, Million Dollar Baby, The Departed, mais aussi Children of Men, Black Hawk Down, Brokeback Mountain, O Brother, Where Art Thou? ou encore Train to Busan. Des films installés, discutés, souvent primés.

Celui-ci, non. Sa sortie en salles aux États-Unis a été minuscule. Et pourtant, King l’avait déjà défendu dès 2024 sur X, dans un message depuis supprimé, en écrivant : « J’ai vu l’un des meilleurs films de cette année. Il s’appelle « THE RULE OF JENNY PEN », et je vous exhorte à le regarder quand il arrivera sur Shudder. Geoffrey Rush y joue, avec John Lithgow en psychopathe gériatrique muni d’une marionnette maléfique. »

Une maison de retraite transformée en piège

Au centre, il y a Stefan Mortensen, un juge cassant incarné par Geoffrey Rush. Très tôt, un AVC le laisse diminué. Pour récupérer, il est envoyé dans une maison de retraite qu’il déteste aussitôt. Il méprise son colocataire Tony Garfield, et, franchement, ce n’est pas un homme facile à défendre.

Mais le vrai cauchemar s’appelle Dave Crealy, joué par John Lithgow. Devant le personnel, il passe pour un vieillard inoffensif, presque perdu. La nuit, il change de visage. Il s’introduit dans les chambres, humilie les pensionnaires cloués au lit, les insulte, leur jette de l’urine dessus et les force à lécher sa marionnette, Jenny Pen. S’ils parlent, il redevient le vieux monsieur confus et peut même glisser des objets volés chez eux pour les discréditer. On apprend aussi qu’il vit là depuis des décennies, après avoir commencé comme concierge.

L’horreur n’est pas la poupée, c’est le système

Le film tient parce qu’il ne cherche pas son effet au mauvais endroit. Jenny Pen ne prend jamais vie. Ce n’est pas un délire à la M3GAN. Le monstre, c’est Dave, et plus largement le cadre qui lui permet d’agir.

C’est là que le film devient vraiment dérangeant. Stefan reste lucide, mais son corps l’a trahi, sa parole ne porte plus, et les autres regardent ailleurs. L’idée que des personnes âgées ne soient pas crues, ou que leurs plaintes soient balayées comme des signes de démence précoce, donne au film une tristesse très concrète. Résultat ? Une sensation de fatalité assez terrible.

Pourquoi ce rôle de John Lithgow marque autant

La performance de John Lithgow compte beaucoup dans l’impact du film. Avec ses lentilles bleues et son sadisme tranquille, il compose un méchant d’une méchanceté presque insupportable. Et la fin, sans la révéler, ne donne pas la libération qu’on espère. Il y a bien un instant de victoire, mais il a quelque chose de sarcastique.

Les critiques ont plutôt suivi, avec 72% sur Rotten Tomatoes. Aucun n’est allé aussi loin que Stephen King. Mais son choix dit quelque chose d’assez net sur l’époque : l’horreur qui marque le plus n’est pas toujours la plus visible, seulement celle qui vise juste.