Porté par Michael B. Jordan, Jamie Foxx et Brie Larson, Just Mercy est visible gratuitement sur Tubi. Un drame judiciaire fort, entre prestige et débat.
En bref
- Just Mercy est gratuit sur Tubi
- Michael B. Jordan et Jamie Foxx brillent
- Le film divise un peu la critique
Voir Michael B. Jordan, Brie Larson et Destin Daniel Cretton réunis dans un drame judiciaire, ce n’est pas juste une curiosité de casting. C’est aussi le rappel d’un moment précis, fin 2019, où des figures déjà très exposées dans la pop culture passaient par un film beaucoup plus grave. Et aujourd’hui, Just Mercy revient dans le radar parce qu’il est disponible gratuitement sur Tubi.
Derrière les visages connus, une affaire bien réelle
Le film adapte le livre autobiographique de Bryan Stevenson, avocat en Alabama connu pour avoir défendu des personnes trop pauvres pour s’offrir une meilleure défense. En 1989, il fonde l’Equal Justice Initiative avec l’avocate Eva Ansley. C’est ce moment que raconte le film.
Au centre, il y a surtout le dossier de Walter « Johnny D. » McMillan, joué par Jamie Foxx. L’homme est en prison depuis plusieurs années après avoir été condamné pour le meurtre d’une femme blanche en 1986. En reprenant l’affaire, Stevenson, incarné par Michael B. Jordan, tombe sur un point crucial, la culpabilité de McMillan repose entièrement sur le témoignage de Ralph Myers, un délinquant qui a parlé dans le cadre d’un accord judiciaire.
Et plus l’avocat creuse, plus le décor devient trouble. Les policiers locaux le harcèlent, lui et les autres personnes liées au dossier. Le film montre alors quelque chose de plus large qu’une simple erreur judiciaire, une mécanique destinée à garder McMillan derrière les barreaux. Stevenson ira même jusqu’à l’émission 60 Minutes pour attirer l’attention sur l’affaire.
Un film né à un moment charnière pour son équipe
Ce n’est pas un hasard si Just Mercy avait l’allure d’un film important à sa sortie, le 25 décembre 2019. Cretton arrivait après Short Term 12, récompensé au SXSW, puis The Glass Castle, où il retrouvait déjà Brie Larson. De son côté, Jordan s’était imposé avec Fruitvale Station, avant de devenir une tête d’affiche grâce à Creed.
Il y avait aussi l’effet Marvel. Jordan sortait de Black Panther et de son Killmonger. Larson, elle, venait d’enchaîner Captain Marvel puis Avengers: Endgame. Quant à Cretton, il dirigera ensuite Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings, créera Wonder Man et doit mettre en scène Spider-Man: Brand New Day. Bref, ce film ressemble presque à un point de croisement entre cinéma d’auteur, prestige hollywoodien et machine pop.
Bien accueilli, mais pas à l’abri des critiques
À sa sortie, le film visait clairement la saison des prix. Il n’a finalement décroché aucune nomination aux Oscars, même si Michael B. Jordan et Jamie Foxx ont bien remporté des NAACP Image Awards. Et il reste souvent cité parmi les bons rôles de Jordan.
Côté critiques, l’accueil a été solide, sans être unanime. Pour Mark Kennedy, de l’Associated Press, le film montrait de façon tragique combien le système judiciaire américain avait peu changé depuis To Kill a Mockingbird. Il saluait aussi particulièrement la performance de Foxx, tout en jugeant que le film basculait parfois vers une forme d’hagiographie.
Chez RogerEbert.com, Odie Henderson était plus réservé. Il trouvait le film trop calibré pour plaire à un public blanc et reprochait à cette histoire sur l’injustice vécue par la communauté noire de rester trop sage. Son image est violente et assez parlante, il décrivait une bande-son qui fait « hmmm-HMMMMM » pour symboliser la souffrance. C’est peut-être là le vrai nœud du film, émouvant, oui, mais rarement en colère. Et ça dit pas mal de la manière dont Hollywood emballe encore les récits de justice réelle.