Pourquoi Les Évadés est passé à côté de son destin en 1994

Les Évadés
Image d'illustration. Les Évadés — Castle Rock Entertainment / PR-ADN

Aujourd’hui classique absolu, Les Évadés a pourtant raté sa sortie en 1994. Box-office timide, Oscars bredouilles, puis une seconde vie inattendue.

En bref

  • Les Évadés a raté sa sortie en 1994
  • Le film n’a gagné aucun Oscar
  • Le bouche-à-oreille a tout changé

Il y a des films qui triomphent tout de suite. Et puis il y a Les Évadés, ce cas presque absurde d’un long-métrage aujourd’hui traité comme un monument, mais qui, en 1994, n’a pas du tout eu l’impact qu’on lui prête rétrospectivement.

Le drôle de destin d’un film devenu intouchable

Sorti en septembre 1994, The Shawshank Redemption, connu en France sous le titre Les Évadés, a engrangé un peu plus de 67 millions d’euros (73 millions de dollars) pour un budget d’environ 23 millions d’euros (25 millions de dollars). Pas un naufrage complet, mais clairement pas le parcours d’un immense hit. Surtout face à la concurrence de cette année-là, entre Le Roi Lion, Pulp Fiction et Forrest Gump.

C’est ça qui frappe avec le recul. Quand on pense au cinéma de 1994, on imagine spontanément Les Évadés tout en haut de l’affiche. La réalité, elle, était beaucoup plus tiède.

Sur le papier, tout semblait aligné

Le projet avait pourtant pas mal d’arguments. D’abord, il venait de l’univers de Stephen King, même si on est ici très loin de l’horreur pure. Le film suit Andy Dufresne, un banquier incarné par Tim Robbins, condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa femme et de l’amant de celle-ci, alors qu’il n’a pas commis ces crimes.

En prison, il croise plusieurs figures majeures, à commencer par Red, joué par Morgan Freeman. Et Frank Darabont construit autour d’eux un drame carcéral qui repose moins sur les grands effets que sur l’endurance, l’usure et les liens humains. Bon, sur le papier, on avait bien le profil du film prestigieux capable de faire sa place.

Des prix, mais pas la consécration

Le plus étonnant, c’est que la reconnaissance critique n’a pas totalement compensé ce démarrage. Les Évadés a tout de même décroché sept nominations aux Oscars, un record pour une adaptation de Stephen King, sans en remporter une seule.

Même chose du côté des autres grandes cérémonies. Le film n’a obtenu que deux nominations aux Golden Globes et deux aux SAG Awards. Aujourd’hui, ce décalage semble presque irréel tant beaucoup de spectateurs associent instinctivement le film, Tim Robbins ou Morgan Freeman à l’idée même de récompense méritée.

Pourquoi le film a fini par gagner, mais plus tard

Si Les Évadés a grandi avec le temps, ce n’est pas un hasard. Le film parle d’espoir, de patience, de fidélité et de survie intérieure. Des thèmes simples, au bon sens du terme, qui traversent les époques sans se démoder.

Il y a aussi cette relation entre Andy et Red, très douce dans un cadre pourtant brutal. Pas besoin de grosses scènes d’action pour accrocher, clairement. Le film tient sur l’émotion, la retenue, puis cette libération finale qui reste cathartique même après plusieurs visions.

Résultat, sa seconde vie a été plus forte que sa première, grâce au bouche-à-oreille, aux diffusions sur le câble et à des visionnages répétés. Aujourd’hui, le classique est là, bien installé, et il est disponible sur MGM+. Ce genre de trajectoire dit aussi quelque chose du cinéma, un film peut rater son époque, puis finir par définir la suivante.

Morgan Fromentin

Éditeur·rice

Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Films Les Évadés

Lisez incroyable.fr en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources