Ryan Coogler révèle les leçons tirées de sa collaboration avec Chadwick Boseman sur Black Panther

Image d'illustration. SinnersWarner Bros. / PR-ADN
Ryan Coogler revient sur son expérience de collaboration avec Chadwick Boseman lors du tournage de Black Panther. Le réalisateur évoque les enseignements tirés au contact de l’acteur, qui a marqué l’univers Marvel par son engagement et son professionnalisme.
Tl;dr
- Ryan Coogler surmonte le syndrome de l’imposteur.
- « Sinners », son film le plus personnel et ambitieux.
- L’influence durable de Chadwick Boseman sur sa vision.
Une réussite saluée et un parcours personnel
À Hollywood, difficile d’ignorer l’ascension fulgurante de Ryan Coogler. Avec la sortie de « Sinners », sa première œuvre totalement originale prévue en 2025, le réalisateur s’impose comme une figure majeure du cinéma contemporain. Le film, véritable ovni mêlant horreur, musique et émotion brute, est salué par ses pairs, dont Michael B. Jordan. Ce dernier évoque même « un sentiment de plénitude », estimant que Coogler a franchi tous les paliers possibles : « voir l’industrie reconnaître enfin Ryan à cette hauteur provoque une joie immense ». La compagne et productrice du cinéaste, Zinzi Coogler, abonde dans ce sens : « C’est un film où je reconnais pleinement Ryan ; il y a mis toute son âme ». Difficile d’en douter quand on sait combien ce projet puise dans les racines et la sensibilité du réalisateur.
L’héritage silencieux de Chadwick Boseman
Mais derrière cette confiance affichée se cache un cheminement intérieur complexe. Lors d’un entretien avec The Hollywood Reporter, Coogler est revenu sur sa collaboration marquante avec le regretté Chadwick Boseman, disparu en août 2020. Réalisateur alors épuisé et rongé par le doute lors du tournage de « Black Panther », il confie s’être trop souvent laissé happer par l’anxiété. À tel point qu’il dit avoir été incapable d’apprécier pleinement la force tranquille et le talent inaltérable de Boseman : « Je n’ai pas su profiter de chaque instant à ses côtés ; il n’avait jamais une mauvaise prise… Sa disparition m’a fait réaliser tout ce que j’avais manqué à cause de mes propres insécurités ». Un enseignement dont il compte bien se souvenir désormais : « Désormais, je veux saisir la valeur des choses et ne plus laisser le syndrome de l’imposteur m’en priver ».
Des débuts marqués par l’incertitude
Ce mal-être ne date pas d’hier. Déjà en 2013, lors du succès critique et public de son premier long-métrage « Fruitvale Station », Coogler avoue s’être senti étranger au monde du cinéma : « C’était comme si tout cela n’était pas réel, comme si je n’y avais pas ma place ». Son jeune âge n’a fait qu’accentuer ce sentiment. Pourtant, aujourd’hui encore, il défend la nécessité pour le septième art d’accueillir ces regards naïfs : « C’est important de donner leur chance aux artistes qui doutent ou qui manquent encore d’expérience ; il y a là une forme d’optimisme essentielle au renouvellement du cinéma ».
Sinners : maturité artistique et hommage discret
Cette philosophie se traduit pleinement dans « Sinners », où Michael B. Jordan incarne des jumeaux noirs du Sud ouvrant un juke joint dans le Mississippi — jusqu’à être confrontés à des vampires lors de l’inauguration ! Le film conjugue humour, sensualité et horreur sur fond musical, mais aussi une discrète dédicace à Chadwick Boseman. Pour celles et ceux désireux de découvrir cette œuvre singulière, elle est dès à présent disponible sur HBO Max.
