Sony avait sollicité un réalisateur inattendu pour Morbius : une chance manquée de sauver le film ?
Sony a sollicité un réalisateur réputé pour ses choix audacieux afin de diriger « Morbius ». Ce choix inattendu soulève la question : une approche différente aurait-elle pu changer le destin de ce film, critiqué pour son accueil mitigé ?
Tl;dr
- Ari Aster a refusé de réaliser Morbius.
- Le film a connu un échec critique et public.
- Aster privilégie des projets où il garde le contrôle créatif.
Quand Ari Aster a décliné l’appel de Sony
Parfois, les chemins ne se croisent pas par hasard, et le cinéma regorge d’occasions manquées. Lors d’un récent podcast accordé à Mixed Signals, Ari Aster, cinéaste acclamé pour ses films d’horreur singuliers comme Midsommar, a révélé avoir été sollicité pour diriger un projet issu de l’univers Marvel… qui s’est avéré être le malheureux Morbius. Manifestement surpris par la question, il confesse avoir été approché mais hésite avant de lâcher : « J’étais censé faire — c’est Mobius ? Morbius ? ». Une hésitation qui en dit long sur sa méconnaissance ou son peu d’intérêt pour ce projet, finalement confié à un autre.
L’échec d’un blockbuster malgré un casting solide
C’est donc Daniel Espinosa, déjà remarqué pour ses thrillers comme Safe House ou encore Life, qui prend les commandes du film. Avec un budget conséquent et des têtes d’affiche telles que Jared Leto, les attentes étaient élevées. Pourtant, le résultat déçoit : seulement 167,4 millions de dollars récoltés dans le monde et une note catastrophique de 15% sur Rotten Tomatoes. Certains avancent que ce genre de superproduction, très encadrée par le studio, limite toute prise de risque créative — un cadre peu propice à la patte si particulière d’un auteur comme Aster.
Ari Aster : une vision incompatible avec les blockbusters formatés ?
Il faut dire que la marque de fabrique du réalisateur se situe ailleurs. Ses œuvres emblématiques telles que Hérédité (90% sur Rotten Tomatoes) ou Midsommar (83%) n’ont jamais prétendu rivaliser au box-office avec les mastodontes hollywoodiens ; elles ont pourtant su séduire critiques et spectateurs avertis grâce à leur atmosphère unique et leur contrôle créatif total. D’ailleurs, Aster travaille principalement à partir de ses propres scénarios et avec des budgets raisonnables – loin des impératifs marketing imposés aux grosses franchises.
Pour mieux saisir cette démarche artistique, voici quelques constantes dans la trajectoire du réalisateur :
- Indépendance créative totale
- Budget modéré favorisant l’expérimentation visuelle
- Sujets atypiques éloignés des canons hollywoodiens
Nouveaux projets et suite pour Morbius
La dernière création signée Aster, intitulée Eddington, met en scène une satire du COVID-19 dans une bourgade du Nouveau-Mexique où tensions sociales et absurdité politique s’entrechoquent. Si le film reçoit un accueil mitigé (67% sur Rotten Tomatoes), il témoigne d’une volonté intacte de creuser son propre sillon.
Quant à ceux qui souhaitent revoir le controversé Morbius, ils pourront désormais le retrouver en streaming sur Disney+ ou HBO Max. Peut-être y percevront-ils ce qu’aurait pu devenir le personnage sous l’œil singulier d’Ari Aster — mais cela restera du domaine des spéculations cinéphiles.
