Introduit très tôt dans la série originale, le mind meld vulcain a fini par devenir bien plus qu’un gadget. Jusqu’à ramener Spock à la vie.
En bref
- La fusion mentale apparaît en 1966
- Il sert vite d’arme mentale
- Il permettra plus tard de sauver Spock
Parfois, un détail lancé presque en passant finit par porter tout un mythe. Dans Star Trek, la fusion mentale (mind meld) vulcaine fait clairement partie de cette catégorie. Introduit en 1966 dans la série originale, il deviendra des années plus tard la pièce maîtresse du retour de Spock après sa mort.
Un pouvoir apparu presque au début, puis devenu central
Le plus frappant, c’est sa précocité. Le mind meld apparaît dès le neuvième épisode de la série, Dagger of the Mind, diffusé le 3 novembre 1966. Soixante ans plus tard, on mesure à quel point cette idée a débordé son simple épisode d’origine.
Cet épisode enrichit aussi la manière dont Star Trek décrit les Vulcains et leur rapport à la violence. Avant cela, Spock avait déjà utilisé la prise nerveuse vulcaine, imaginée par Leonard Nimoy, qui jugeait le personnage trop peu cohérent s’il frappait gratuitement. Pour le mind meld, le crédit revient au scénariste Shimon Wincelberg, qui signe ici sous le pseudonyme S. Bar-David, agacé par les réécritures de Gene Roddenberry.
Dans l’épisode, le mind meld est déjà une arme
Dans Dagger of the Mind, l’équipage de l’USS Enterprise visite un centre de réhabilitation pour criminels jugés aliénés. Son médecin, Dr. Adams, passe pour un praticien humain. En réalité, son nouveau traitement a tout d’une machine à broyer l’esprit.
Le Dr. Adams utilise un neutraliseur neural qui vide le cerveau de ses pensées et provoque une solitude extrême. Il s’en sert sur des patients, mais aussi sur son assistant Simon van Gelder, afin d’exercer un contrôle total. C’est pour vérifier son récit que Spock effectue un mind meld avec lui.
Et c’est là que tout se joue. Dans l’univers de Star Trek, cette connexion mentale reste présentée comme potentiellement dangereuse. Le contact physique aide, sans être indispensable. En général, les Vulcains la pratiquent surtout entre eux, dans un cadre très personnel, parfois lié à la fin de vie. Mais Star Trek VI: The Undiscovered Country montrera aussi une version beaucoup moins égalitaire, où l’initiateur peut fouiller l’autre tout en protégeant son propre esprit. Résultat, un rite intime devient aussi une arme.
Pourquoi cette idée a fini par sauver Spock
Le vrai basculement arrive au cinéma. Dans Star Trek II: The Wrath of Khan, Spock meurt après être entré dans une salle des machines saturée de radiations pour réparer le moteur à distorsion. Doctor McCoy tente de l’en empêcher et récolte une prise nerveuse vulcaine. Le reste de l’équipage, peu au fait des rites vulcains, le croit mort, puis l’enterre dans l’espace.
Mais Star Trek III: The Search for Spock révèle autre chose. Avant de mourir, Spock a aussi transmis sa personnalité, son katra, à Doctor McCoy via un mind meld. Le problème, c’est que l’esprit de McCoy n’est pas fait pour porter cette conscience. S’ils ne la rendent pas au corps de Spock, les deux sont condamnés.
L’équipage y parvient finalement. Le Spock revenu en 1984 n’est pas tout à fait celui qui avait disparu, mais l’essentiel est là. Et ça dit quelque chose de très Star Trek, quand même, une idée de jeunesse, presque discrète au départ, finit par redéfinir la mort, la mémoire et l’identité sur plusieurs décennies de saga.