Attention, spoilers. Le film Supergirl valide un choix très contesté de Superman, et ça change déjà la lecture du DC Universe.
En bref
- Le DCU maintient sa version controversée des origines de Superman.
- Supergirl explore le passé de Kara et son lien complexe avec la famille El.
- Le film montre que les héros se définissent avant tout par leurs choix.
Le point le plus sensible du nouveau DC Universe n’est pas esquivé, il est validé en grand. Deux films seulement après Superman, James Gunn et DC Studios choisissent de ne surtout pas lisser ce qui a fâché une partie du public.
Le DC Universe refuse déjà de rétropédaler
Le morceau qui coinçait dans Superman, vous vous en souvenez, c’était cette relecture des parents biologiques de Kal-El. Le nouveau film en remet une couche. Oui, Jor-El et la lignée de Clark restent associés à une intention glaçante, envoyer leur fils sur Terre pour la soumettre et la conquérir.
Supergirl aurait pu corriger le tir, adoucir le canon, faire semblant que tout ça n’était qu’un malentendu. Pas du tout. Le film assume ce choix et s’en sert pour creuser sa propre héroïne, tout en élargissant le terrain de jeu du reboot avec des mondes plus aliens et de nouveaux visages, dont Lobo joué par Jason Momoa.
Kara et Kal-El, même héritage kryptonien, enfance opposée
L’idée la plus juste du film est là. Les flashbacks sur Krypton ne servent pas juste à montrer la catastrophe, ils mettent en miroir Kara Zor-El et Kal-El.
Là où Clark a grandi en paix sur Terre avec les Kent, Kara a traversé l’agonie des restes de son monde, plus précisément dans la cité-refuge spatiale Argo City. Son côté rebelle, sa fête d’anniversaire à l’échelle de la galaxie, sa rage qu’elle ne contrôle pas, tout ça prend sens. Ce n’est pas posé pour faire joli, c’est du character building plutôt solide.
Et surtout, Kara a eu autre chose que Clark, des parents aimants. Sa mère Alura Zor-El, jouée par Emily Beecham, lui transmet cette ligne morale simple, être bonne. Son père Zor-El, incarné par David Krumholtz, va très loin pour la protéger.
La famille El devient le vrai cœur du film
Le passage le plus chargé émotionnellement explore la fracture morale de la famille El. C’est presque une réunion de famille gênante version science-fiction, et franchement, ça marche quand même très bien.
Zor-El et Alura évoquent leur désaccord profond avec Jor-El, aperçu dans Superman sous les traits de Bradley Cooper. Alors qu’elle est enceinte, Alura refuse clairement la voie sanglante imaginée pour le fils de Jor-El et ne veut pas du même destin pour Kara. Plus tard, l’aggravation de l’empoisonnement à la kryptonite force pourtant Kara à partir sans ses modèles.
Pourquoi ce choix compte pour la suite ?
Résultat, Kara grandit dans le chaos, mais son centre moral tient bon. C’est là que le film gagne son pari. La jeune femme proteste, fuit, explose un peu dans tous les sens, bref, mais elle reste fondamentalement héroïque pour sa jeune compagne Ruthye, jouée par Eve Ridley.
Le plus intéressant, c’est que Supergirl transforme une décision de mythologie très contestée en vrai moteur dramatique. Au lieu d’affaiblir Superman, ce choix renforce l’identité de Kara et clarifie déjà la ligne du reboot, les héros ne viennent pas seulement de leur sang, mais de ce qu’ils choisissent d’en faire. Supergirl est actuellement au cinéma.