Taylor Sheridan démonte le mythe de la mort du western à Hollywood

Western
Image d'illustration. Ambiance western — ADN

Pour Taylor Sheridan, le western n’a jamais vraiment disparu. Le succès de Yellowstone lui sert de preuve, et son argument dépasse la simple nostalgie.

En bref

  • Taylor Sheridan nie la mort du western.
  • Yellowstone a prouvé l’appétit du public.
  • Pour lui, le genre raconte l’histoire américaine.

Le carton de Yellowstone a fait sauter un vieux réflexe de Hollywood, celui qui consiste à enterrer le western tous les dix ans avant de courir derrière dès qu’il remarche. Pour Taylor Sheridan, le sujet est simple, le genre n’est pas mort. Il n’a même jamais disparu.

Yellowstone a forcé l’industrie à revoir sa copie

Quand Taylor Sheridan allait vendre Yellowstone, il tombait sur la même objection, encore et encore. Des dirigeants de chaînes lui expliquaient que plus personne ne se souciait des cow-boys. Sauf que la réalité a fini par leur revenir en pleine figure, avec une série devenue énorme et pas mal de copies plus ou moins assumées dans son sillage.

Il y avait aussi un autre frein, plus terre à terre. Son projet de départ faisait peur parce qu’il coûtait cher, et HBO a notamment passé son tour avant que la série trouve refuge chez Paramount. Résultat, le néo-western que beaucoup jugeaient invendable est devenu une preuve grandeur nature que le public était toujours là.

Le vrai problème, ce n’était pas le western

Sur le podcast de Bill Simmons, Sheridan a raconté ce raisonnement qu’on lui servait en réunion. En gros, les executives citaient Cowboys et Aliens comme démonstration que le genre était fini. Sa réponse, elle, était bien plus sèche, « Le genre cow-boy n’est pas mort », en ajoutant que ce qui était mort, c’étaient les films idiots sur des cow-boys et des aliens.

Et il n’a pas tort. Le film de Jon Favreau, avec Harrison Ford, a rapporté 175 millions de dollars dans le monde pour un budget de 163 millions de dollars. Avec des critiques tièdes en prime. Prendre cet hybride SF comme thermomètre du western classique, c’était quand même un drôle de calcul.

Pourquoi Sheridan pense que le western survivra toujours

L’argument de Sheridan va plus loin que le simple succès d’une série. Pour lui, chaque fois qu’on fait un bon western, le public suit. Il cite Unforgiven, Silverado ou encore le remake de 3:10 to Yuma, tous vus comme des exemples de films qui ont trouvé leur public.

Son idée la plus intéressante est ailleurs. Il voit le western comme la version américaine du Moyen Âge, avec l’après-guerre de Sécession et le XIXème siècle comme période fondatrice. Pas juste un décor à chevaux et revolvers, donc, mais un genre qui raconte la naissance violente d’une société. Forcément, ça résiste mieux à l’usure que les modes du moment.

Le western n’a pas disparu, il a changé de terrain

On a souvent dit que la science-fiction avait pris la place du western dans la pop culture des années 1970. C’est vrai pour le centre de gravité commercial. Mais pas pour la disparition pure et simple du genre, surtout quand on regarde la carrière de Taylor Sheridan.

Même ses projets situés à l’époque contemporaine prolongent ces archétypes, les conflits de territoire, la loi personnelle, la violence, la frontière. Seuls 1883 et 1923 assument pleinement le cadre historique, mais l’ADN reste le même. Et c’est là que sa thèse tient bien, le western ne survit pas seulement dans le costume, il survit dans les thèmes.

CodexZéro

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