Porté par Christian Bale et un budget énorme, Terminator Salvation devait relancer la saga. Il a surtout révélé ses failles.
En bref
- Christian Bale n’était pas le premier choix de McG pour John Connor, le réalisateur le préférant initialement dans le rôle de Marcus.
- Son arrivée a entraîné des réécritures du scénario, avec un rôle de John Connor davantage développé.
- Frustré par la production, Christian Bale a connu de fortes tensions sur le tournage, illustrant les difficultés rencontrées par le film.
Le plus parlant avec Terminator Renaissance, ce n’est pas qu’il ait raté. C’est qu’il devait faire exactement l’inverse. En 2009, la machine avait tout pour repartir, et c’est là que le crash devient intéressant.
Le film qui devait relancer Terminator
Sur le papier, franchement, difficile de faire plus vendeur. Christian Bale sortait du carton gigantesque de The Dark Knight, un film à plus d’un milliard de dollars. La saga Terminator, malgré un troisième épisode décevant, gardait une vraie aura. Et la bande-annonce faisait le boulot.
Autour de Christian Bale, il y avait aussi Sam Worthington, attendu la même année dans Avatar, plus Helena Bonham Carter, Bryce Dallas Howard, Anton Yelchin, Common et Moon Bloodgood. En gros, le studio cochait toutes les cases du blockbuster de franchise. Sauf la plus importante, le film lui-même.
Un flop qui a pesé lourd
La réception a vite plombé l’élan. Terminator Renaissance affiche seulement 33% sur Rotten Tomatoes, avec un score public à 53%. Pas catastrophique au point de vider les salles du jour au lendemain, mais assez faible pour tuer le bouche-à-oreille.
Résultat ? Environ 370 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 200 millions de dollars. Dit comme ça, on pourrait croire à un score correct. Dans la logique d’un gros studio qui veut lancer une trilogie, c’est maigre. Et ça a forcé la franchise à repartir en reboot dès 2015.
Le vrai problème, c’était le film lui-même
Le souci ne tient pas d’abord à Christian Bale. Le film a été pensé comme le début d’une trilogie, donc il passe pas mal de temps à installer des choses sans offrir un vrai payoff. Vous sentez la promesse de suite partout. La satisfaction, beaucoup moins.
Puis il y a les personnages. Le John Connor de Christian Bale ressemble souvent à un chef militaire assez générique, sans grande épaisseur. Marcus, joué par Sam Worthington, avait pourtant un bon twist avec sa nature de cyborg, mais le script n’en fait jamais assez. Même les nouvelles variantes de Terminator, visuellement réussies, manquent de menace. Elles tombent trop vite, donc la tension s’évapore. Et sans grand méchant marquant, la comparaison avec le T-1000 ou le premier Terminator fait mal.
Même le casting de Christian Bale a compliqué la machine
Petit détail qui dit beaucoup. McG ne voulait pas d’abord Christian Bale en John Connor, mais en Marcus. Il a même décrit l’acteur comme « la star d’action la plus crédible au monde ». Bale a refusé plusieurs fois avant d’accepter un projet qu’il voulait centré sur les personnages, pas sur les effets spéciaux. Sauf qu’il a finalement tenu à jouer John Connor, un choix qu’il a lui-même reconnu ne plus très bien s’expliquer.
Du coup, le rôle de John a été élargi, avec de grosses réécritures à la clé. Des informations de production évoquent aussi de longues séances de travail quotidiennes avec McG et Worthington. McG a même raconté que Bale avait frappé un accessoire de Terminator dans un moment de frustration et s’était cassé la main. Bref, quand un film doit se réinventer en plein vol, ça se voit souvent à l’écran.