Terry Gilliam a dépensé une fortune pour un film qui a failli ne jamais exister

The Adventures of Baron Munchausen
Image d'illustration. The Adventures of Baron Munchausen — Columbia Pictures / PR-ADN

Adapté d’un livre presque impossible à filmer, ce pari fou de Terry Gilliam a explosé en plein tournage avant de devenir un fiasco au box-office.

En bref

  • The Adventures of Baron Munchausen a vu son budget exploser dès les premières semaines de tournage.
  • Terry Gilliam a dû revoir plusieurs scènes et réduire ses ambitions pour sauver le film.
  • Sorti en 1989, le long-métrage n’a rapporté que 8 millions de dollars aux États-Unis.

Le vrai exploit de Terry Gilliam, ici, ce n’est même pas d’avoir signé un film fantasy démesuré. C’est d’avoir fini le film tout court. The Adventures of Baron Munchausen a cramé son budget en six semaines sur un tournage prévu pour vingt et une, et les financeurs ont carrément stoppé la machine. Pour un projet vendu 23,5 millions de dollars, ça commence mal.

Un livre qui ne voulait pas devenir un film

À la base, le problème est presque comique. Les récits du baron de Münchhausen, nés au XVIIIème siècle autour d’un noble allemand connu pour ses histoires toujours plus absurdes, ne reposaient pas sur une intrigue bien propre. Le héros passe d’une aventure invraisemblable à une autre, sans vraie colonne vertébrale. Rudolf Erich Raspe a popularisé tout ça dans un livre publié en 1785, mais pas dans une version pensée pour le cinéma, clairement.

Terry Gilliam, lui, a dû inventer une structure. The Adventures of Baron Munchausen suit un Baron vieillissant qui débarque dans une ville assiégée par l’armée ottomane. Une jeune fille, Sally, l’accompagne pour tenter de sauver la cité. Et là, on part très loin. Jusqu’à la Lune, entre autres.

L’histoire d’un chaos qui devient un pur spectacle

Le casting aide beaucoup. John Neville joue un Baron habité par une certitude totale, comme si douter n’avait jamais existé. Sarah Polley incarne Sally, Eric Idle figure parmi les anciens compagnons du Baron, et Robin Williams apparaît en roi de la Lune, crédité sous le nom de Ray D. Tutto.

Mais le plus frappant reste l’objet lui-même. Immenses décors, créatures étranges, effets pratiques partout, texture artisanale très visible. The Adventures of Baron Munchausen ressemble à un rêve fiévreux monté par une troupe de théâtre avec un chéquier sans plafond. Et c’est justement ce qui le rend unique, mais aussi ingérable.

Le tournage a failli mourir en six semaines

Les ennuis n’ont pas tardé. L’argent disparaît, les bailleurs veulent réduire la voilure, et certaines idées sautent. Le Baron ne devait plus aller sur la Lune comme prévu. Une grande séquence impliquant des milliers de personnages lunaires et Sean Connery comme roi a été abandonnée. Résultat, la scène a fini réduite à deux personnes. Pas exactement le plan de départ.

Bon, le projet a quand même redémarré. Robin Williams, arrivé via Eric Idle, a aidé à remettre les choses en mouvement. L’équipe a aussi revu les décors géants avec des versions réduites et des astuces visuelles. Du bricolage de luxe, en gros.

Un bide en salles, mais un cas d’école

Sorti aux États-Unis en mars 1989, The Adventures of Baron Munchausen n’a rapporté que 8 millions de dollars au box-office domestique. Pour une production de cette taille, c’était un crash. Et cette réputation de désastre financier a collé à Terry Gilliam pendant des années.

Mais si vous regardez au-delà du carnage industriel, il reste un film à part. Une adaptation impossible, sauvée dans la douleur, avec une imagination visible dans chaque plan. Le business a puni l’excès. Le cinéma, lui, y a gagné un drôle de miracle.

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