Christopher Nolan a exigé une classification R pour The Odyssey. Un pari lourd pour Universal, mais logique pour un film pensé sans compromis.
En bref
- Christopher Nolan veut une version intense et sans compromis de The Odyssey.
- Le choix du classement R permet de garder une violence fidèle à Homère.
- Universal Pictures considère Nolan comme un atout commercial à part entière.
Le vrai enjeu de The Odyssey, ce n’est pas seulement son casting ou son échelle. C’est sa classification au cinéma. Et visiblement, Christopher Nolan n’a pas découvert ça en fin de parcours, il l’a demandé tout de suite à Universal Pictures.
La classification qui change tout
Dans un entretien accordé à Empire, relayé par World of Reel, le cinéaste explique qu’il voulait dès le départ la version la plus intense de The Odyssey. Sa formule est limpide : « La version la plus intense de L’Odyssée ». Il parle aussi d’un film « viscéral et moderne ». Bref, pas question d’adoucir le matériau pour rentrer sagement dans une case plus large au box-office.
Son argument tient debout. L’univers d’Homère, avec ses armes anciennes, implique une violence plus frontale, plus brute, des épées, des arcs, des flèches. Christopher Nolan dit avoir compris assez tôt qu’une version PG-13 serait difficile à faire sans compromis. Et on voit très bien ce qu’il veut dire. Vous pouvez enlever du sang, couper au montage, suggérer au lieu de montrer, mais à un moment vous changez la texture même du récit.
Universal mise sur Christopher Nolan comme une franchise à lui seul
C’est là que le pari devient intéressant. The Odyssey suit la trajectoire lancée par Oppenheimer, déjà classé R, mais ici la prise de risque paraît encore plus grosse. Le film pourrait bien être le film classé R le plus cher jamais produit, ce qui réduit mécaniquement une partie de son potentiel commercial.
Mais Universal semble jouer une autre carte. Pas juste un titre connu, plutôt un nom au-dessus du titre. Christopher Nolan est traité comme une IP à lui seul, le type capable de transformer en événement mondial même un biopic sur J. Robert Oppenheimer. Après le carton critique, public et awards d’Oppenheimer, le studio a sans doute estimé qu’il pouvait refaire le coup.
Un péplum fantastique pensé pour l’IMAX
Cette liberté, Christopher Nolan ne la réclame pas pour faire son 300. Le point semble plutôt être de ne pas se faire freiner par des règles de classification jugées arbitraires. Parce que L’Odyssée, ce n’est pas un poème sage accroché au mur d’une salle de classe. Il y a des batailles sanglantes, et un Cyclope qui mutile puis dévore des humains.
Et puis il y a l’autre obsession de Nolan, le grand spectacle. Les premiers retours évoquent un film immense, à la hauteur du texte original. Le réalisateur aurait surtout été attiré par l’idée de faire, en IMAX et avec un budget A-list, ce que Ray Harryhausen avait approché dans Jason and the Argonauts ou The 7th Voyage of Sinbad. Même goût pour les créatures fantastiques, sauf qu’ici l’ambition est de voir plus grand. Clairement, si le film tient cette promesse, on ne parlera pas seulement d’une adaptation de plus.