The Protégé : une formule action bien huilée mais familière

Image d'illustration. The ProtégéLionsgate / PR-ADN
Sorti presque dans l’indifférence, The Protégé revient sur Prime Video. Un film d’action efficace, très codé, mais porté par une vraie présence.
En bref
- Sorti au cinéma en 2021, The Protégé a été un échec en salles avant de trouver une seconde vie en streaming sur Netflix puis Amazon Prime Video.
- Le film repose surtout sur Maggie Q, solide en tueuse en quête de vengeance, dans un rôle d’action efficace et maîtrisé.
- Réalisé par Martin Campbell, il reprend une formule proche de John Wick : rien de nouveau, mais un thriller propre et globalement divertissant selon les critiques.
Environ 8,2 millions de dollars au box-office, puis presque plus rien. Pour un film d’action mené par Maggie Q, réalisé par Martin Campbell et produit par Lionsgate, c’est maigre. Son retour sur Amazon Prime Video change la donne, parce que The Protégé appartient exactement à cette catégorie de films que le streaming sauve après un passage éclair en salles.
Un flop salle, une seconde vie en streaming
Le film de Lionsgate n’a clairement pas trouvé son public au cinéma. Le budget n’a pas été révélé, mais avec un box-office aussi bas, on comprend vite pourquoi pas mal de spectateurs l’ont raté à sa sortie en 2021.
Ensuite, il a atterri sur Netflix, où il a réussi à se classer. Et maintenant, le voilà sur Amazon Prime Video. Pour un thriller d’action bien fabriqué, coincé entre série B nerveuse et production un peu plus chic, c’est presque son terrain naturel.
Maggie Q tient le film sans trembler
Le vrai argument, c’est elle. Dans The Protégé, Maggie Q joue Anna, une tueuse formée enfant par Moody Dutton, incarné par Samuel L. Jackson. Des années plus tard, tous deux opèrent depuis Londres et enchaînent les contrats à travers le monde. Quand Moody est tué, Anna part en mission de vengeance. Ce n’est pas un spoiler massif, c’est le moteur du film.
Et ça marche, surtout parce que Maggie Q connaît ce registre par cœur. On l’a déjà vue mener Nikita sur The CW, puis passer par la franchise Divergent. Ici, elle garde la même présence, sèche, précise, sans surjouer la machine de guerre. Franchement, c’est ce qui tient l’ensemble debout.
Martin Campbell rejoue une formule connue, mais bien exécutée
Le nom de Martin Campbell pèse encore lourd chez les fans d’action. Le réalisateur de GoldenEye et de Casino Royale n’a peut-être jamais vraiment retrouvé ces sommets hors de James Bond, même si The Mask of Zorro, Vertical Limit ou The Foreigner restent des titres solides.
Ici, il ne réinvente rien. Le film emprunte beaucoup à John Wick, ce qui n’a rien d’un hasard quand on sait que Lionsgate est derrière les deux. Un assassin d’élite, une vengeance personnelle, une violence qui s’emballe, le cahier des charges est limpide. Mais la mise en scène est propre, lisible, jamais paresseuse. Et quand l’industrie recycle ses recettes, c’est déjà pas mal.
Des critiques partagées, un verdict assez simple
Sur Rotten Tomatoes, le film affiche 64% côté critiques. Pas un triomphe, pas une catastrophe non plus. Michael O’Sullivan, du Washington Post, l’a jugé « soigné et regardable », en saluant aussi « un twist satisfaisant dans le troisième acte qui renverse joliment une bonne partie de ce qui précède ».
Même son de cloche chez Peter Debruge pour Variety, qui reconnaît qu’on a déjà vu presque tout ça, mais que le film recompose ces éléments de façon divertissante. À l’inverse, Richard Roeper du Chicago Sun-Times estime, lui, qu’on a vu cette formule « souvent mieux exécutée, avec plus de style, un humour noir supérieur et des intrigues plus intelligentes ».
Bref, les trois ont raison à leur manière. The Protégé n’invente rien. Mais comme thriller du week-end sur Amazon Prime Video, il fait le job, et même un peu mieux que ça.
