The Ring : le film d’horreur qui a contaminé Hollywood

The Ring
Image d'illustration. The Ring — DreamWorks Pictures / PR-ADN

Sorti en 2002, The Ring n’a pas juste cartonné. Le remake de Gore Verbinski a poussé Hollywood à recycler l’horreur japonaise pendant des années.

En bref

  • Sorti en 2002, The Ring rapporte 249,3 millions de dollars et popularise les remakes de films d’horreur asiatiques à Hollywood.
  • Son succès entraîne une vague de remakes, dont beaucoup peinent à convaincre le public et la critique.
  • Grâce à son atmosphère oppressante et à la terrifiante Samara, le film de Gore Verbinski reste une référence de l’horreur.

Un remake peut rapporter gros. The Ring, lui, a fait pire, ou mieux selon le camp où vous vous placez, il a reprogrammé une partie de Hollywood. Sorti le 18 octobre 2002, le film de Gore Verbinski a engrangé 249,3 millions de dollars pour un budget de 48 millions de dollars, avec au passage un solide 72% sur Rotten Tomatoes. Forcément, les studios ont vu un filon.

Un carton qui a servi de feu vert à tout Hollywood

Adaptation américaine de Ringu, film japonais de 1998 signé Hideo Nakata, lui-même tiré du roman Ring de Koji Suzuki, The Ring a validé une idée simple, et très rentable. Prendre une horreur asiatique déjà culte, la relocaliser pour le public américain, puis emballer ça comme un gros frisson mainstream. Dit comme ça, c’est froid. Dans les faits, ça a lancé une décennie entière de remakes.

Et ça compte, parce qu’au début des années 2000, le genre sortait de l’ère du slasher méta popularisée par Scream. The Ring a déplacé l’horreur vers quelque chose de plus poisseux, plus funèbre, moins bavard aussi.

Le film qui a rendu Samara impossible à oublier

L’histoire suit Rachel, une journaliste incarnée par Naomi Watts, qui enquête sur la mort de sa nièce. Très vite, tout ramène à une cassette VHS. Quiconque la regarde meurt sept jours plus tard. Puis vient le coup de fil, avec cette voix qui annonce en une phrase devenue culte : « Sept jours ».

Le compte à rebours suffit déjà à tendre tout le film. Mais le plus malin, c’est le piège narratif autour de Samara. Rachel pense pouvoir apaiser cette enfant fantomatique en retrouvant son corps et en révélant la vérité sur sa mort. Mauvais calcul. Samara n’attend pas la paix, elle propage la malédiction. Et la seule issue passe par sa transmission. Glacial, clairement.

Une formule copiée partout, rarement comprise

Après ça, Hollywood s’est mis à piocher partout. Dark Water, Pulse, Shutter, One Missed Call, puis The Eye. Même The Grudge, souvent cité comme le plus solide du lot, reste jugé en dessous de son modèle. Les chiffres n’aident pas à défendre les suivants, avec 47% pour Dark Water, 11% pour Pulse, et un brutal 0% pour One Missed Call sur Rotten Tomatoes.

Quant à The Eye, il a tenté autre chose, mais Jessica Alba a fini nommée aux Razzie Awards. Pas exactement le signe d’un remake inspiré.

Pourquoi celui-là tient encore debout ?

Ce qui frappe encore aujourd’hui, c’est que Gore Verbinski n’a pas vidé l’original de sa substance en le transplantant aux États-Unis. Il a gardé le rythme, l’angoisse, les images qui restent collées à la rétine. Et surtout, il avait Samara. Son design, ses mouvements, son aura, ça faisait vraiment cauchemar, pas simple copier-coller exotique.

Bref, The Ring a ouvert une porte que l’industrie a ensuite exploitée jusqu’à l’usure. Sauf que très peu de films ont compris pourquoi celui-ci marchait. Copier la formule, c’est facile. Reproduire ce malaise-là, beaucoup moins.

CodexZéro

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