Toy Story 5 cartonne, mais ces choix de scénario coincent encore

Toy Story 5
Image d'illustration. Toy Story 5 — Pixar / PR-ADN

Succès massif pour Toy Story 5, records à la clé. Mais derrière l’accueil triomphal, plusieurs décisions sur Woody, Buzz et Jessie posent question.

  • Toy Story 5 domine déjà le box-office
  • Le film plaît, malgré plusieurs incohérences
  • La fin relance un vieux débat

Le plus intéressant avec Toy Story 5, ce n’est pas seulement son démarrage tonitruant. C’est ce paradoxe, un film qui casse des records, aligne des scores critiques et publics très hauts, 94 % côté presse et 95 % côté spectateurs sur Rotten Tomatoes, tout en laissant derrière lui quelques nœuds scénaristiques assez visibles.

Un carton qui ne règle pas tout

Sur le papier, tout va bien. Toy Story 5 a bouclé son premier week-end en salles avec un statut de gros succès, battant des records pour Pixar et, plus largement, pour le box-office 2026. Ce triomphe compte, parce qu’une suite peut parfois abîmer une saga aimée. Ici, l’accueil très positif protège plutôt l’héritage et nourrit déjà les discussions autour d’un éventuel Toy Story 6.

Mais un film populaire n’est pas automatiquement un film net dans ses choix. Et c’est là que ça se complique.

Bo Peep, le grand retour… puis la grande disparition

Le cas de Bo Peep résume bien le problème. Personnage important du premier film, encore présent dans le deuxième, elle avait été évacuée de façon assez brutale dans Toy Story 3. Puis Toy Story 4 l’avait réinstallée autrement, plus active, plus centrale, presque comme un symbole de liberté.

Du coup, le retour de Woody dans Toy Story 5 laissait penser que Bo Peep suivrait naturellement. Pas vraiment. Elle apparaît au début et à la fin, puis disparaît presque tout le film, sans raison claire. Pour un personnage réintroduit avec autant d’intention dans l’épisode précédent, le choix est quand même étrange.

Jessie et Woody, deux idées émotionnelles qui craquent

Le film veut aussi offrir une vraie fermeture à Jessie. En revenant dans l’ancien foyer d’Emily, elle découvre une boîte de souvenirs enterrée. Elle croit d’abord qu’elle appartient à Emily, avant de comprendre qu’elle concernait la fille d’Emily, nommée Jessie. L’idée est touchante, clairement. Sauf qu’elle se heurte à un détail massif, si Emily tenait assez à Jessie pour donner son nom à sa fille, pourquoi l’avoir laissée dans une boîte au bord de la route ?

Même friction du côté de Woody. Sa zone sans peinture, repérée dans les bandes-annonces, trouve une explication assez simple, le frottement répété du chapeau. En revanche, les blagues sur sa prise de poids passent mal. Un jouet qui grossit, dans cet univers, ça fissure la logique de base. Un enfant le verrait immédiatement.

Buzz, Woody et une fin qui rouvre la même blessure

Le plus gênant reste peut-être la relation entre Buzz Lightyear et Woody. Qu’il y ait une distance après leur séparation dans Toy Story 4, pourquoi pas. Mais ici, leur lien paraît vraiment abîmé. Leur dispute autour de la question du « vrai » shérif de Jessie les rend compétitifs, presque antagonistes. Pour une amitié construite comme une fraternité depuis des années, ça sonne faux.

Et puis il y a la fin. Woody et Bo Peep repartent encore. C’était justement l’un des choix les plus contestés de Toy Story 4, et Toy Story 5 semblait pouvoir le corriger. À la place, le film réinstalle la même incertitude. Le vrai enjeu, maintenant, il est là. Si la saga continue, elle devra choisir entre la nostalgie du retour et le courage d’assumer enfin une direction durable.