Un film d’action oublié des années 90, successeur de Jurassic Park, devenu un nanar culte

Image d'illustration. CongoFrank Marshall / PR-ADN
Sorti peu après le phénomène Jurassic Park, ce film d’action des années 1990 est passé largement inaperçu malgré son ambition. Oublié du grand public, il s’est forgé une réputation culte grâce à ses défauts assumés et son style kitsch.
Tl;dr
- « Congo » : film culte, absurde et jouissif.
- L’adaptation s’éloigne du ton scientifique du roman.
- Tim Curry illumine ce divertissement improbable des années 90.
Une adaptation décalée au parfum d’aventure rétro
Il y a parfois des œuvres dont l’audace confine à l’absurde, mais qui, étrangement, restent gravées dans les mémoires. À la sortie de Congo en 1995, deux ans après l’énorme succès de Jurassic Park, difficile de ne pas sentir un parfum d’opportunisme. Pourtant, cette adaptation du roman éponyme de Michael Crichton a trouvé une place singulière dans le panthéon des films « so bad it’s good » des années 90.
Quand la science cède la place au divertissement pur
Si l’on se penche sur le matériau d’origine, il est frappant de constater à quel point le film fait voler en éclats la dimension scientifique chère à Crichton. Le roman original mettait en scène la rivalité entre plusieurs entreprises technologiques prêtes à tout pour s’emparer des diamants cachés dans la mythique cité de Zinj. Dans le long-métrage, cette lutte se réduit à une expédition unique où les motivations individuelles s’entrechoquent autour de cristaux désormais convoités pour alimenter lasers et satellites – une simplification qui traduit bien l’esprit décomplexé du projet.
L’aspect génétique et inquiétant des gorilles hybrides (mi-homme, mi-chimpanzé) cède aussi la place à de simples « grands singes féroces », brutes épaisses programmées pour garder leur trésor… mais impuissantes face aux lasers ou à la lave.
Un second degré pleinement assumé
Au fond, tout sépare le ton du livre, très marqué par la réflexion scientifique, et celui du film, qui assume jusqu’au bout un rythme effréné et un humour parfois involontaire. Certaines répliques sont restées célèbres : « Arrêtez de manger mon gâteau au sésame ! » ou encore « Je suis votre grand chasseur blanc pour ce voyage, même si je suis noir. » Difficile alors de ne pas sourire devant tant d’autodérision.
Mais c’est surtout le personnage d’Herkermer Homolka, créé spécialement pour l’adaptation et incarné par un Tim Curry totalement déchaîné, qui symbolise cet esprit farfelu. En roue libre, l’acteur savoure chaque ligne de dialogue et son excès finit par emporter l’adhésion du spectateur.
L’héritage d’une folie douce made in 90’s
On serait tenté de comparer ce joyeux délire à un autre monument du kitsch hollywoodien : Anaconda. Ici aussi, le jeu cabotin d’un comédien – Curry dans Congo, Voight chez le serpent géant – suffit à donner au film une saveur particulière. Ajoutez une apparition surprise de Bruce Campbell, et voilà une aventure rocambolesque au budget confortable, typique d’une décennie où tout semblait permis sur grand écran.
