Un scénariste emblématique de Star Trek rejoint les fans dans la critique des saisons TV raccourcies

Image d'illustration. Star TrekParamount / PR-ADN
Un scénariste emblématique de la saga Star Trek partage l’avis de nombreux fans concernant la brièveté des saisons télévisées actuelles, pointant du doigt l’impact de ce format sur la narration et le développement des personnages.
Tl;dr
- Les saisons TV comptaient 26 épisodes autrefois, dix aujourd’hui.
- Brannon Braga regrette le manque de durée et d’attachement.
- Le format court domine désormais la franchise Star Trek.
Des saisons marathon aux mini-séries : l’évolution de Star Trek à la télévision
Difficile à imaginer aujourd’hui, mais il fut une époque où les séries américaines s’étiraient sur près de neuf mois, avec des saisons de 26 épisodes. Pendant cette période faste, Hollywood multipliait les intrigues hebdomadaires, assurant non seulement un travail régulier aux équipes techniques et artistiques, mais aussi un vrai rendez-vous pour les téléspectateurs avides d’aventure. Dans ce contexte, chaque épisode devait se suffire à lui-même ; impossible alors de garantir que le public verrait les histoires dans l’ordre, surtout lors des rediffusions.
La franchise Star Trek : du foisonnement à la restriction
Prenons un exemple emblématique : Star Trek: The Next Generation a ainsi totalisé 178 épisodes en sept saisons. Les séries suivantes – Deep Space Nine, Voyager, ou encore Enterprise – n’ont pas dérogé à cette cadence infernale. Mais tout cela paraît bien loin au regard de l’offre contemporaine : depuis trois saisons, Strange New Worlds ne propose qu’une dizaine d’épisodes par an. Un contraste saisissant qui n’a pas échappé aux fans historiques.
Regret d’une époque révolue : Brannon Braga s’exprime
Pour Brannon Braga, ancien scénariste vedette et co-créateur d’Enterprise, ce raccourcissement des saisons laisse un goût amer. Présent lors d’une convention consacrée à la saga, il a partagé sa nostalgie devant ces rendez-vous étirés sur l’année : « ‘Voyager’ faisait 26 épisodes par saison. C’était confortable, comme une relation durable. Aujourd’hui, beaucoup de séries ressemblent à des rencontres sans lendemain : huit épisodes tous les deux ans ? Je doute que ça crée le même attachement ou qu’on transmette cela à ses enfants… C’est une perte. »
Il pointe aussi la fragmentation accrue : certains programmes sont découpés en deux parties diffusées sur plusieurs mois – comme ce fut le cas pour le dessin animé Star Trek: Prodigy. Et la multiplication des plateformes n’arrange rien : une série animée destinée aux tout-petits émerge ainsi discrètement… sur YouTube.
L’avenir incertain du format long pour Star Trek
Pour les amateurs espérant voir revenir ces longues saisons structurantes, la tendance semble pourtant irréversible. Les projets récents – qu’il s’agisse de Picard, Discovery, ou du futur Starfleet Academy – ne dépassent pas dix épisodes annuels. Certains feuilletons policiers conservent bien leur rythme élevé (22 épisodes pour NCIS, par exemple), mais dans l’univers Star Trek, il faudra visiblement se contenter du format resserré imposé par le streaming.
Si la création télévisuelle a gagné en intensité et en moyens techniques, beaucoup regrettent que l’intimité et la fidélité construites au fil des semaines ne soient plus au rendez-vous. Comme le souffle encore Brannon Braga : « C’était presque un miracle d’y parvenir… Mais vivre longtemps sur un vaisseau spatial avait quand même quelque chose d’unique. »
