Une série de science-fiction méconnue fusionne les univers de Blade Runner et Total Recall

Image d'illustration. Total Recall 2070OnTV / PR-ADN
Peu connue du grand public, cette série de science-fiction parvient à fusionner avec brio l’ambiance futuriste de Blade Runner et l’univers intrigant de Total Recall, offrant ainsi une expérience immersive aux amateurs du genre.
Tl;dr
- Série canadienne inspirée par l’univers de Philip K. Dick.
- Ambiance proche de Blade Runner, critique des mégacorporations.
- Une seule saison, intrigues inachevées, influence durable.
Un héritage de la science-fiction revisité
À la toute fin des années 1990, les amateurs de science-fiction découvraient une curiosité télévisuelle : Total Recall 2070. Derrière ce titre évoquant le film culte de Paul Verhoeven, la série diffusée au Canada en 1999 proposait en réalité un hommage composite à l’univers foisonnant de Philip K. Dick. Si l’écrivain n’était pas officiellement crédité, il plane sur chaque scène ; ses thèmes – identité, mémoire, paranoïa – irriguent l’ensemble du récit. Curieusement, cette adaptation revendiquée s’apparente bien davantage à Blade Runner, le chef-d’œuvre réalisé par Ridley Scott, qu’au film original dont elle emprunte pourtant le nom.
L’atmosphère : entre film noir et dystopie d’entreprise
La série plonge le spectateur dans une mégalopole moite et futuriste à l’esthétique sombre et brumeuse. Les clins d’œil à l’univers visuel de Blade Runner abondent : architectures composites, mélange culturel permanent, éclairages crépusculaires… Mais le décor sert ici un propos résolument contemporain : la mainmise inquiétante d’un groupement d’élites économiques baptisé The Consortium. Cette oligarchie contrôle toutes les ressources majeures via la Interplanetary Alliance, alliance politique fictive entre la Terre et Mars. L’ambiance pesante traduit autant une critique féroce des méga-corporations qu’un questionnement sur la réalité elle-même – une obsession chez Dick.
Des androïdes, des souvenirs et beaucoup de questions ouvertes
Au cœur du récit, on suit le parcours du détective David Hume, dont le partenaire humain meurt lors d’une fusillade dès le pilote. Rapidement remplacé par l’androïde Ian Farve, il découvre que la frontière entre machine et humain se brouille chaque jour davantage. La société Rekall – capable d’implanter de faux souvenirs dans les esprits – n’est ici qu’un élément parmi d’autres : le vrai sujet reste celui de la conscience artificielle et du doute existentiel qui en découle. Une réflexion qui prend forme dans des enquêtes sombres abordant des crimes violents, parfois censurés lors de la diffusion américaine.
Une pépite inachevée, mais toujours vivace
Malgré ses ambitions – arcs narratifs sur fond de manipulations génétiques humanoïdes-martiens ou réseaux criminels –, Total Recall 2070 ne connaîtra qu’une unique saison (22 épisodes). La série laisse derrière elle nombre d’intrigues non résolues et des pistes philosophiques fascinantes, mais avortées. Pourtant, sa réalisation soignée et son audace thématique continuent d’alimenter l’intérêt des passionnés. Devenue rare sur les plateformes, surtout dans sa version non censurée initiale au Canada, elle subsiste comme un précieux témoin de l’influence tenace de Dick sur l’imaginaire audiovisuel moderne.
Pour ceux qui aiment explorer les marges oubliées de la SF télévisuelle ou redécouvrir sous un autre angle les mondes paranoïaques du maître californien, ce petit bijou vaut largement le détour… même si tout semble y flotter entre rêve et réalité.
